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Portrait

Un Veveysan chapeaute L'Oréal Suisse 

Marc-André Heller, 43 ans, a été nommé à la tête l'entreprise de cosmétiques, basée à Genève

Un nouveau directeur général a été nommé à la tête de L’Oréal Suisse. Look de dandy longiligne avec barbe hipster et lunettes vintage, Marc-André Heller, 43 ans, succède à Oliver Schwegmann qui a quitté le groupe pour des raisons familiales.

Cet homme promu à la tête d’une société active dans le luxe et la beauté n’a pas toujours évolué dans un univers de paillettes. «J’ai un côté paysan. Je regarde ce milieu avec un certain détachement», dit celui qui a grandi à Vevey entouré de son frère aîné et de sa mère, une coiffeuse de formation qui travaillait pour les points Mondo. «Elle laissait toujours traîner un effluve de laque Elnett dans la salle de bains», se souvient-il amusé pour tenter d’expliquer son choix de carrière. Quant à son côté entrepreneur, il le doit probablement à son père hôtelier.

Elève considéré comme vif par ses enseignants, voire impatient pour ses collaborateurs, Marc-André Heller rêvait de devenir basketteur. C’est pourtant vers des études commerciales qu’il s’est dirigé. Après son diplôme en poche, réalisé à HEC Lausanne, il a démarré sa carrière professionnelle en 1995 chez H&M où il découvre le métier de vendeur. «Ce n’est pas facile d’être debout huit heures par jour et d’être confronté parfois à des clients malveillants», se souvient-il. Cette expérience a certainement façonné son style de management. «Je suis très proche de mes collaborateurs. Je connais les 226 conseillères en beauté de l’entreprise», dit celui qui souhaite réduire la hiérarchie chez L’Oréal Suisse et simplifier au maximum les procédés.

Après sa première expérience professionnelle chez H&M, Marc-André Heller a travaillé pour Swatch avant de rejoindre Iril, le roi du bas nylon à Renens où il a occupé le poste de directeur des ventes. Il est entré chez L’Oréal Suisse en 2004 pour effectuer l’ensemble de son parcours au sein de la division luxe. À ce poste, il a œuvré au renforcement des principales marques dont Lancôme, Yves Saint Laurent, Giorgio Armani, Biotherm, Diesel, Kiehl’s, Urban Decay. Dans sa nouvelle fonction, il continuera d’ailleurs à assurer la direction de la division luxe.

Une journée en allemand toutes les six semaines et une journée sans mail par mois

Parfaitement trilingue français-allemand-anglais, il se dit sensible aux différences culturelles. La filiale suisse de L’Oréal, basée à Genève, emploie 456 employés, dont 75% de femmes. Dix-sept nationalités sont représentées. «Je souhaite favoriser le télétravail», annonce celui qui a déjà introduit une journée – toutes les six semaines – où les collaborateurs de l’entreprise sont priés de s’exprimer en allemand. C’est aussi lui qui est à l’origine de la journée mensuelle sans e-mail. «Cette symbolique permet d’accroître la communication verbale au sein de l’entreprise», explique-t-il.

«Son parcours très complet, sa fine connaissance du marché suisse, son sens stratégique et sa personnalité fédératrice lui donnent une totale légitimité pour ce nouveau grand challenge», relève pour sa part Jochen Zaumseil, directeur général de la zone Europe de l’Ouest du groupe L’Oréal qui a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires consolidé de 22,5 milliards d’euros et compte 78 600 collaborateurs dans le monde, dont 3700 chercheurs.

L’Oréal Suisse a enregistré de son côté un chiffre d’affaires de 290 millions de francs en 2014. Marc-André Heller considère ce pays comme une synthèse du marché européen. «Il y a une diversité linguistique mais aussi un important mélange dans la population ce qui nous permet de proposer, par exemple, une gamme de produits capillaires très large» explique-t-il. Autre avantage du marché helvétique: les Suissesses figurent parmi les plus grandes consommatrices de produits cosmétiques, après notamment la Corée et le Japon. «La génération Z, très connectée et influencée par les tutoriels sur Internet, est très friande de produits cosmétiques», se réjouit Marc-André Heller, qui souhaite tout mettre en œuvre pour renforcer la stratégie numérique et e-commerce de l’entreprise.

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