Economie

Un village communautaire en ligne

L'industrie a besoin de lieux de rencontre.

En organisant Hedgestock, Albourne n'en était pas à son premier fait d'arme. En 2000, la société a lancé un site Internet (http://www.village.albourne.com), véritable «cybervillage» destiné à la communauté des hedge funds. «Il ne s'agissait pas de lancer un énième site en ligne professionnel classique. Nous souhaitions recréer une atmosphère villageoise et en faire un endroit vraiment interactif», explique Sam Lewis, partenaire chez Albourne et élu «maire» du Village par ses «pères fondateurs».

Et ça marche. Porté par le bouche-à-oreille, le site a prospéré à mesure que se développait l'industrie. Il compte aujourd'hui 36000 «résidents», abonnés à une lettre d'information quotidienne, informés du calendrier des manifestations à travers le monde et invités à consulter les documents déposés à la bibliothèque par leurs confrères. La recette du succès est très simple, selon Sam Lewis: «Le village est gratuit d'accès (ndlr: il a sa devise toutefois, la pomme!) et «propre». Il ne contient ni autopromotion ni publicité.»

Avec Hedgestock, il s'agissait de répliquer en «live» l'ambiance conviviale du village. «L'industrie est encore jeune, mais elle a mûri extrêmement rapidement. En une douzaine d'années, les masses sous gestion sont passées de 150 milliards de dollars à 1500 milliards», explique Sam Lewis. «Comme la communauté est assez dispersée, les gérants ayant délibérément choisi de fuir les grands centres financiers traditionnels, le besoin de réseauter s'est toujours fait ressentir. Mais la montée en puissance des hedge funds s'est accompagnée d'une prolifération de conférences toutes plus ternes les unes que les autres auxquelles chacun se sent obligé d'aller», poursuit le «maire». Bref, il était grand temps d'inventer «quelque chose de différent», s'exclame un gérant américain. Si les avis rendus par les festivaliers sont positifs, Hedgestock pourrait bien revoir le jour. Dans un an ou deux...

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