«Afin de se rendre compatible avec les principes de corporate governance», selon Harald Eggers, président de la direction jusqu'à la fin de l'année au plus tard, Unaxis proposera à l'assemblée générale du 26 avril la suppression de la clause dite d'«opting out» qui permet à un actionnaire franchissant la barre des 33,3% du capital de ne pas lancer une offre sur l'ensemble de celui-ci. L'accord nécessite une majorité simple, soit 50,1%.

Ce faisant, Unaxis et son actionnaire principal, Ihag et Anda Bührle, se rapprochent des normes usuelles. Mais, surtout, ils compliquent très sérieusement la tâche des investisseurs autrichiens Mirko Kovats et Ronny Pecik, qui déclarent disposer de 26,5% du capital.

Le conseil d'administration proposera également de réduire de 14 francs la valeur nominale. Les autres propositions seront envoyées aux actionnaires le 5 avril, avec l'ordre du jour de l'assemblée générale. On y découvrira le nom de nouveaux administrateurs, après la démission de Willy Kissling, président, et de Pius Baschera.

La température va donc monter jusqu'au 26 avril. D'une part les investisseurs autrichiens devront convertir leurs options en actions le 4 avril au plus tard pour disposer des droits de vote nécessaires. D'autre part, les structures du groupe devraient encore être modifiées avant cette cruciale assemblée.

En effet, le secteur «affichage électronique», soit la fabrication de machines pour écrans plats, qui enregistre 295 millions de perte d'exploitation en 2004, et 77 millions de pertes sans coûts extraordinaires, pourrait être vendu. «Plus de deux candidats à la reprise se sont manifestés», selon Harald Eggers. Le leader du secteur, Applied Materials, avec 10 milliards de dollars de liquidités, devrait s'intéresser au dossier, selon Finanz & Wirtschaft. Le fruit des négociations sera rendu public au début avril. Faute de solution satisfaisante, Unaxis en garderait une partie, les cellules solaires, où il détient d'intéressants brevets.

Ce possible désinvestissement couperait l'herbe sous les pieds de Mirko Kovats. L'Autrichien espérait prendre le contrôle d'Unaxis pour ensuite redresser la division «affichage électronique», accroître la valeur du groupe et revendre sa position. Sans l'affichage électronique, la division semi-conducteurs compterait 462 millions de chiffre d'affaires (+42%) pour 5 millions de perte d'exploitation en 2004. «Même en bas de cycle conjoncturel, cette division devrait être profitable», selon Harald Eggers.

Fin avril sera également présentée la restructuration de Leybold Vacuum (pompes à vide). En effet, le résultat décevant de cette division, avec une marge nette de 1% (3% en 2003) pour une augmentation des ventes de 10%, obligeait la direction à changer son management. Les nouveaux responsables doivent expliquer comment ils entendent atteindre une marge de 10% d'ici à 2007.

Compte tenu des négociations en cours, des restructurations à décider et à exécuter, ainsi que d'une conjoncture difficile, Harald Eggers se montre très vague sur les prévisions bénéficiaires pour 2005.