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La première banque suisse a décidé de revoir ses procédures pour traiter les plaintes - et si besoin de les renforcer - comme elle le fait toujours dans ce genre de cas. 
© Gaetan Bally / Keystone

Banque 

Une accusation de harcèlement sexuel force UBS à revoir ses procédures de plainte

Une ex-stagiaire basée à Londres accuse la banque suisse de ne pas l’avoir soutenue lorsqu’elle a dénoncé l’agression dont elle a été victime en septembre dernier. UBS juge le cas «profondément bouleversant»

Nouveau cas de harcèlement sexuel présumé dans le milieu bancaire. Selon deux sources citées jeudi par l’agence Bloomberg, une jeune stagiaire basée dans la filiale londonienne d’UBS aurait été agressée par un collègue plus âgé en septembre dernier. Les faits se seraient déroulés dans sa résidence, après une soirée, et auraient été rapportés aux ressources humaines de la banque. Dans une lettre adressée au dirigeant de la division investissement d’UBS, Andrea Orcel, la victime, qui a depuis quitté l’entreprise sans obtenir d’indemnités, dénonce le manque de considération et de soutien de sa hiérarchie.

Jugeant l’affaire «profondément bouleversante», la première banque suisse a décidé de revoir ses procédures pour traiter les plaintes - et si besoin de les renforcer - comme elle le fait toujours dans ce genre de cas. «UBS applique une politique de tolérance zéro en matière d’abus sexuels et de harcèlement, précise Jean-Raphaël Fontannaz, porte-parole. Chaque accusation est examinée avec la plus grande attention. Notre priorité est toujours de soutenir notre personnel et de fournir un environnement sûr permettant de signaler toute mauvaise conduite.» Il souligne que «certaines accusations criminelles doivent, par leur nature même, faire l’objet d’une enquête de police».

«Profondément blessée»

Dans son courrier daté du 18 juillet, la victime présumée affirme avoir dû côtoyer son agresseur durant un mois avant que la banque n’ouvre une enquête officielle. Elle n’a par ailleurs pas pu être tenue au courant de l’avancée de l’enquête pour des raisons de confidentialité. Le collaborateur mis en cause a fini par démissionner en mars, soit cinq mois après avoir été suspendu. Cela sans avoir fait l’objet d’une audience de conduite ni d’une procédure disciplinaire. Une gestion globale de la plainte qui a «profondément blessé» la jeune femme, engagée chez UBS à travers un programme de formation pour diplômés.

Lire aussi: Le mouvement #MeToo touche aussi Credit Suisse

Dans le sillage du mouvement #MeToo, né à la suite de l’affaire Harvey Weistein, la parole des femmes s’est libérée dans tous les milieux professionnels, y compris la finance, où les supérieurs hiérarchiques passent souvent pour être intouchables. En mars dernier, Credit Suisse avait été rattrapé par une affaire similaire de harcèlement. Interpellé par une victime, le directeur général, Tidjane Thiam, s’était vu forcé de rouvrir une enquête interne pour des faits datant de 2010. C’est précisément cette démarche qui a encouragé l’ex-employée londonienne à se manifester publiquement.

«Rapports de pouvoir»

Attendre plusieurs mois pour dénoncer une agression? Le geste n’étonne pas Bulle Nanjoud, chargée de projet au 2e Observatoire, l’institut romand de recherche et de formation sur les rapports hommes-femmes. «Le harcèlement dans le cadre professionnel, avec ses rapports de pouvoir exacerbés, s’accompagne souvent de pressions, de chantage, précise-t-elle. Les victimes n’osent pas parler, de peur de perdre leur place ou de ne pas être prises au sérieux. Le statut précaire des stagiaires aggrave la situation.»

Former les cadres 

Il n’empêche, les entreprises ont la responsabilité de protéger la santé et l’intégrité de leurs collaborateurs. «Il ne suffit pas d’instaurer des procédures, encore faut-il s’assurer que le dispositif de plainte fonctionne, à tous les niveaux, et que des sanctions sont prises lorsque c’est nécessaire», insiste Bulle Nanjoud. A ce titre, la formation des cadres est selon elle indispensable pour détecter les situations à risque.

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