Commentaire Une approche à beaucoup trop long terme

Zurich Insurance, à l’inverse de Credit Suisse, n’est pas un destructeur de valeurs. Son rendement des fonds propres dépasse en effet de 2% le coût de ses fonds propres. Mais c’est un géant qui hésite trop longtemps avant de se mouvoir

Le diagnostic a été fait par la société elle-même: un tiers des activités devrait revoir ses performances. Mais à l’exception de la sortie de la Russie et de quelques micro-ajustements, le groupe avance à pas comptés. Son horizon est-il à trop long terme? Lorsque la direction identifie les problèmes, en Afrique du Sud et dans certains pays d’Amérique latine, il préfère ajuster ses forces dans l’espoir d’une amélioration progressive à long terme, plutôt que de trancher. La sortie d’un marché implique que le retrait soit durable. Mais ces réticences risquent de pénaliser tout le groupe. Car, même sur ses principaux marchés, la concurrence est forte. C’est le cas aux Etats-Unis par exemple, qui représentent la moitié de son bénéfice d’exploitation, avec Farmers et le secteur non-vie. D’une part, les assureurs à bas coût, comme Geico (Warren Buffett), lui mènent la vie dure dans les produits classiques, si bien que Farmers subira une érosion des marges. D’autre part, les tarifs d’assurance sur les catastrophes sont au plus bas.

Zurich est innovant, sérieux, global, gère admirablement ses placements et reste solide. Même si la zone euro devait éclater, il y survivrait sans grand mal. Mais le plus américain des assureurs européens peine à se concentrer sur ses objectifs.