Pharma

Une biotech zurichoise s’attaque aux maladies rares du foie

La start-up fondée par un Neuchâtelois vient de lever 4,4 millions de francs pour des essais cliniques

Pour Versantis, les patients atteints de déficiences hépatiques sont des «laissés-pour-compte». Or c’est justement à eux que s’adresse le produit de cette start-up zurichoise, cofondée et dirigée par un Neuchâtelois, Vincent Forster.

«Les besoins médicaux de ces patients demeurent largement insatisfaits, car le don d’organe reste au jour d’aujourd’hui le seul traitement. Mais avec près de deux millions de morts par an, l’ampleur du problème est maintenant bien reconnue. Pour l’instant, les médecins ne peuvent qu’essayer de combattre les symptômes pour stabiliser leurs patients, avec un succès limité», poursuit-il. Les déficiences hépatiques sont des maladies du foie qui peuvent venir d’une obésité, d’une hépatite, ou encore d’une consommation excessive d’alcool ou de drogues, et sont souvent des causes de décès rapides.

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Couvrir les coûts de développement

Versantis vient de lever 4,4 millions de francs pour «couvrir les coûts de développement précoce du produit», explique Vincent Forster: lancer la production à grande échelle, valider les tests sur les animaux de façon répétée et commencer les essais cliniques sur les humains.

Cette spin-off de l’EPFZ, créée en mars 2015, a déjà testé son traitement sur des rats et des cochons sains ou cirrhotiques, ce qui a permis de démontrer que le produit était efficace et sûr. Versantis emploie quatre personnes, dont les deux cofondateurs, Vincent Forster et Meriam Kabbaj, responsable opérationnelle.

Maladie rare

La déficience hépatique aiguë est considérée comme une maladie rare. Ce qui a un avantage pour Versantis: les autorités permettent une mise sur le marché plus rapide. Il suffit en général de réaliser un test clinique de phase II concluant plutôt que d’aller jusqu’à la phase III et d’inclure davantage de patients.

Le produit phare de Versantis, VS-01, est un fluide contenant des microliposomes (aussi appelés petites sphères), qui, une fois infusés dans la cavité abdominale, agissent comme un aspirateur pour éliminer les toxines accumulées lors d’insuffisances rénales ou hépatiques. La start-up travaille aussi sur un test diagnostic de la même maladie et un traitement qui prévient la décompensation hépatique et stabilise les patients cirrhotiques.

Parmi les investisseurs de ce financement de série A, Redalpine Venture Partners était en tête, rejoint par Altus Partners, HealthEquity, Occident Group, la Banque Cantonale de Zurich et des privés.

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