Assistants sociaux, professionnels de la santé, agents de la sécurité et mères de famille, une centaine d'étudiants adultes sont inscrits dans la nouvelle filière universitaire de psychologie, ouverte il y a une semaine par le Centre romand d'enseignement à distance (CRED) basé à Sierre en Valais. Ils auront la possibilité d'obtenir une licence puis, s'ils le souhaitent, de continuer jusqu'à la maîtrise en psychologie. Au menu, diverses spécialisations telles que la psychologie clinique et pathologique, ou la psychologie du développement et de l'éducation ou du travail et des organisations, avec une orientation en ressources humaines.

Le CRED dispense déjà plusieurs formations, entre autres en sciences de la communication, sciences économiques, mathématiques ou lettres, dont la psychologie n'est que la petite dernière. La nouvelle branche est proposée en partenariat avec l'Université de Paris VIII. «Nous avons mis sur pied cette filière car nous avions une forte demande de la part de professionnels en cours d'emploi, qui pour des questions d'horaires ont dû renoncer à l'enseignement universitaire classique», explique Boris Kohler, directeur de l'institution valaisanne. «Alors que notre diplôme leur permet d'organiser leur travail comme ils l'entendent.» Même s'il reconnaît qu'étudier chez soi n'a pas que des avantages. Il faut notamment apprendre à gérer le facteur solitude: «Lorsqu'on a des problèmes, on doit les résoudre sans aide aucune.» En bref, cette filière exige une grande autonomie.

Les diplômes délivrés par le CRED bénéficient d'une reconnaissance provisoire de la Confédération, reconnaissance qui devrait être définitivement entérinée à l'échéance de 2004 par le Département de l'intérieur. «En Suisse, nous avons des difficultés à faire reconnaître l'utilité de ce type d'enseignement, précise Boris Kohler. Comparativement à la France, à l'Allemagne ou au Canada où les formations à distance connaissent un énorme succès, nous nous heurtons à une certaine méfiance.» C'est presque un appel au secours que lance Boris Kohler: «Nous recevons très peu d'aide. Alors que la majorité de nos étudiants sont Vaudois et Genevois, les cantons concernés ne nous versent pas un sou. Pour faire face à nos obligations, nous avons dû augmenter l'écolage, et financièrement, tout repose sur les épaules de nos étudiants. C'est lourd.»