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Mark Zuckerberg, directeur de Facebook.
© Geert Vanden Wijngaert

Technologie

Une chute de 18% à l'ouverture: les chiffres de Facebook horrifient ses actionnaires

L’action du réseau social perd 18% à l'ouverture de Wall Street jeudi après la publication des résultats semestriels. Voici les trois évolutions qui montrent pourquoi la croissance de Facebook est en panne

Jamais l’action de Facebook n’avait perdu autant de valeur en si peu de temps. Jeudi, à l'ouverture de Wall Street, le titre chutait de 18% après la publication la veille de ses résultats semestriels. Ce sont ainsi 120 milliards de capitalisation boursière qui se sont envolés. Aujourd’hui, les actionnaires sont inquiets pour trois raisons.

Lire aussi: Facebook face au risque de réglementation

1. Des utilisateurs qui ferment leur compte

Certes, le nombre d’utilisateurs réguliers de Facebook a augmenté, passant, en une année, de 1,45 à 1,47 milliard. Mais les analystes en escomptaient 1,49 milliard. Et surtout, le réseau social montre des signes de stagnation, voire de recul sur certains marchés. Ainsi, en l’espace de trois mois, trois millions d’Européens ont délaissé leur compte, faisant passer leur nombre de 282 à 279 millions. Le marché nord-américain (Etats-Unis et Canada) est à l’arrêt, avec toujours 185 millions d’utilisateurs. Le réseau social compte toujours sur l’Asie pour croître. Mais sur ses marchés les plus profitables, aucun signe de croissance n’est en vue.

Mark Zuckerberg, directeur de Facebook, a blâmé l’entrée en vigueur en Europe du Règlement général sur la protection des données (RGPD) pour expliquer ces chiffres. Il a surtout insisté sur un autre chiffre: chaque mois, 2,5 milliards de Terriens utilisent au moins une application de son groupe – comme Instagram, WhatsApp ou Messenger. «Le pic des réseaux sociaux a été atteint», a affirmé un analyste de la société d’investissement américaine Gerber Kawasaki. Ce n’est pas certain – les résultats de Twitter dans la nuit de jeudi à vendredi sont attendus avec impatience –, mais sans conteste, Facebook fait face à un problème de croissance.

A ce sujet: Facebook et Google manipuleraient les utilisateurs malgré le RGPD

2. Des recrutements d’une ampleur jamais vue

Facebook compte aujourd’hui 30 275 employés. D’ici à la fin de l’année, il compte recruter pas moins de 20 000 personnes supplémentaires, soit une augmentation de ses effectifs d’une ampleur jamais vue. Les 47% de croissance du nombre de ses employés observés durant les douze derniers mois seront ainsi largement battus. Ces recrutements n’ont qu’un seul objectif: augmenter la sécurité sur le réseau social, prévenir des attaques externes et filtrer les contenus. «Nous allons continuer à investir massivement dans la sécurité et la protection de la vie privée car nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité de nos utilisateurs», a affirmé Mark Zuckerberg.

Cela a un prix. «Nous prévoyons que la hausse des dépenses sera supérieure à celle du chiffre d’affaires» en 2019, a reconnu le directeur financier David Wehner, faisant, avec cette petite phrase, plonger le cours de l’action. Lors de la présentation des résultats du premier trimestre – intervenue quelques jours après l’éclatement du scandale lié à Cambridge Analytica, – Mark Zuckerberg avait déjà averti que les coûts allaient augmenter. Mais l’ampleur de cette hausse a choqué les investisseurs. Le chiffre d’affaires demeure en croissance, avec une hausse de 42% lors du dernier trimestre, à 13,2 milliards de dollars – la hausse était de 49% au premier trimestre. En parallèle, le bénéfice a augmenté ces trois derniers mois de 31% à 5,1 milliards.

Dans la tourmente Cambridge Analytica: Mark Zuckerberg défend sa présence à Facebook

3. Une dépendance totale à la publicité

Lors du dernier trimestre, la publicité a représenté 98,5% du chiffre d’affaires de la multinationale. Cette dépendance inquiète, d’autant que le réseau social a réaffirmé la nuit dernière sa volonté de donner aux utilisateurs davantage de contrôle sur les annonces que voient les internautes.

Reste que Facebook demeure pour l’heure solide sur le marché publicitaire. Selon la société de recherche eMarketer, le réseau social engrangera cette année aux Etats-Unis 18% des dépenses publicitaires en ligne, derrière les 31% de Google. Et toujours selon eMarketer, Instagram, considéré comme la vache à lait du groupe, devrait générer un chiffre d’affaires global de 8,06 milliards de dollars cette année.

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