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La Clinique Les Alpes se décline en deux parties: l’ancien hôtel abrite les parties communes et les chambres, tandis qu’une extension contemporaine accueille la partie dédiée aux soins et au bien-être.
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Immobilier

Une clinique de luxe à deux visages

Du haut de son belvédère, l’ancien Hôtel de Sonloup s’est transformé en une maison de santé de luxe soignant les addictions. Elle allie le charme de la Belle Epoque à une architecture contemporaine dissimulée sous la colline

Construit en 1911 par Jean Villard sur un promontoire au-dessus des Avants, l’Hôtel de Sonloup a été le témoin de l’essor du tourisme alpin. Devenu la Clinique Les Alpes, l’établissement accueille désormais une clientèle aisée, principalement étrangère, qui trouve ici un cadre unique en Europe pour soigner ses addictions. Un changement d’affectation quasi imperceptible depuis les environs, tant le projet de transformation s’intègre harmonieusement dans le paysage. Seul le coucher du soleil sur le Jura laisse deviner depuis la Riviera la partie largement vitrée de l’extension contemporaine creusée sous l’ancien hôtel, sur lequel il vient se refléter.

Son implantation sur une colline profitant de deux vues radicalement différentes, l’une ouverte sur le Léman, l’autre encerclée par les forêts qui surplombent les Avants, avec au loin la Dent-de-Jaman, a d’emblée convaincu le nouveau propriétaire, Patrick Wilson. «J’ai cherché longtemps un lieu comme celui-ci pour traiter les addictions. C’est un projet qui me tenait à cœur, parce que j’ai été témoin des dégâts que cela cause autant sur la personne qui en souffre que sur ses proches. Les gens qui veulent faire l’effort de s’en sortir en séjournant ici entre quatre et six semaines puiseront, je l’espère, leurs forces dans les soins et dans l’environnement naturel», explique le Britannique basé à Lausanne depuis quinze ans. Inspiré par l’extension contemporaine particulièrement bien intégrée dans le paysage de la Clinique La Prairie, à Clarens, il a confié son projet en mandat direct à son auteur, le bureau lausannois Richter Dahl Rocha & Associés architectes.

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L’ambition étant dès le départ de créer une clinique cinq étoiles reconnue par le Service de la santé publique du canton de Vaud, présentée comme unique en Europe en termes de qualité de ses prestations et de ses infrastructures, où capitaines d’industrie, personnalités politiques et du showbiz pourraient soigner toutes les addictions possibles: drogue, alcool, argent, jeu, sexe, internet ou encore achats. Le prix d’une semaine de soins coûte environ 40 000 francs.

Mais entre le rachat en 2007 et l’inauguration officielle prévue fin septembre, le projet a connu un long processus de négociations et contraint le propriétaire visionnaire, à la tête d’un groupe pharmaceutique anglais, également actif dans l’hôtellerie, à de nombreuses concessions. Un grand nombre d’oppositions liées à l’esthétique du projet, aux craintes concernant les futurs résidents, à la préservation de la célèbre piste de luge et d’un chemin pédestre ont ralenti le premier coup de pioche, donné finalement en 2015. Au final, les points forts de ce projet – qui crée une soixantaine d’emplois, assure la pérennité du funiculaire Les Avants-Sonloup et génère des retombées financières et fiscales pour la région – ont eu raison des réfractaires.

Un spa dans la roche

Pour répondre au cahier des charges du programme, en particulier la partie médicale, les architectes ont proposé de créer une extension contemporaine sous le socle du bâtiment existant, dans la colline de granite. La roche étant très stable, ces travaux n’ont pas présenté de défis particuliers. Une fois construits, les volumes ont été en grande partie recouverts, recréant ainsi le volume de la colline, ce qui contribue à la discrétion de la nouvelle affectation du site. «L’idée était de conserver l’hôtel dans son image originelle sur son support rocheux et excaver tout autour, pour venir ajouter des fonctions qui resteraient enterrées, tout en cherchant autant que possible des apports de lumière», détaille Kenneth Ross, l’un des architectes associés du bureau.

Ainsi, si l’hôtel existant comprend les parties communes telles que les salles à manger, plusieurs salons et 25 chambres réparties sur les quatre étages, la zone consacrée aux soins et au bien-être se situe dans les niveaux inférieurs. Les patients sont d’abord pris en charge dans cette dernière afin de faire un bilan de santé. Après un court séjour dans l’une des sept chambres de détoxification, ils peuvent retrouver une certaine autonomie, se resocialiser dans les parties communes, faire du sport, de l’art-thérapie…

Méditation avec vue sur la Dent-de-Jaman

«Le bâtiment principal a été légèrement agrandi pour accueillir des bureaux et un ascenseur, poursuit l’architecte. Sans vouloir faire du mimétisme avec les façades originelles, nous avons opté pour une expression commune et visé un contraste plus marqué avec le socle ouest qui, lui, accueille le spa. Dans la partie est, on a excavé toute la pierre et la terre pour construire des chambres de soin et reconstruire la terrasse au-dessus. Afin de garder l’image de l’ancien mur de soutènement en moellon typiquement montagnard, les ouvertures des chambres de soin sont partiellement obstruées par des murs ajourés.»

L’extension de 5223 m², quant à elle, a été imaginée dans une approche contemporaine. L’enjeu étant de trouver le bon dosage entre sa propre expression et l’intégration harmonieuse dans le bâtiment, pour former un tout. «Dans son expression extérieure, l’extension se détache clairement du chalet centenaire. A l’intérieur, par contre, la présence récurrente de boiseries en chêne sert de fil conducteur avec la partie supérieure, notamment les salles communes du rez-de-chaussée, où boiseries et plafonds en bois ont été sauvegardés en accord avec les Monuments historiques.»

Point fort de la partie consacrée au bien-être, une salle de méditation est accessible par un tunnel creusé dans la roche, avec vue sur le coteau de la Dent-de-Jaman. Un choix tardif du maître d’ouvrage qui a fait revenir les machines de forage pour ajouter à son projet une bulle de sérénité supplémentaire.

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