Technologie

Une crypto-monnaie suisse au service des PME

Gira Financial est une start-up suisse qui propose une monnaie virtuelle qui fait renaître le système bancaire WIR à l’heure du numérique

Gira Financial, jeune pousse fintech créée il y a douze mois, est un intermédiaire financier certifié, membre de la SRO Polyreg, qui tente de tirer profit des développements de la blockchain. Le siège est à Hergiswil dans le canton de Zoug, ainsi que le service de compliance, mais le travail de programmation est centré à Bâle, lieu de résidence des employés. La start-up propose une «crypto-monnaie suisse», le Giracoin. En réalité il s’agit d’un moyen d’échange similaire au bitcoin. Elle peut, de l’avis de ses dirigeants, être comparée au système WIR, selon Gian-Carlo Collenberg, l’un des fondateurs de la start-up.

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La banque WIR est une institution bancaire suisse, sans but lucratif, qui émet sa propre monnaie pour faciliter les échanges économiques entre ses membres. Elle est très ancienne puisqu’elle a été fondée en 1934. WIR, basé à Bâle, est l’abréviation du mot allemand Wirtschaft (économie) et signifie également «nous» en allemand.

Déjà 20 000 utilisateurs

«Nous voulons créer une monnaie alternative», ajoute Gian-Carlo Collenberg. Le nombre d’utilisateurs est déjà de 20 000 sur le plan global, selon son fondateur. Pour souligner le sérieux de son entreprise, l’entrepreneur explique que la société «vient de subir deux contrôles de la Finma concernant le respect de la loi sur le blanchiment». Après le développement fortement haussier du bitcoin, il est logique que certaines entreprises tentent de profiter de la tendance, en l’occurrence en créant le Giracoin. Le fondateur s’oppose à cette idée. «Le Giracoin n’est pas un objet de spéculation. Nous voulons offrir nu service, nouveau mode de transactions, pour les PME», explique-t-il. La start-up, qui emploie huit collaborateurs en Suisse et 25 en Inde, est plus intéressée à une augmentation du chiffre d’affaires qu’à une hausse de la valeur du Giracoin (0,022 cent actuellement). Notre interlocuteur en possède lui-même 2,1 millions.

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«L’idée du bitcoin est bonne, mais un effort de transparence et de réglementation doit être effectué. Nous avons donc décidé d’avoir un siège en Suisse pour une nouvelle crypto-monnaie qui réponde aux réglementations locales», déclare Gian-Carlo Collenberg. La vente de Giracoins n’est toutefois pas limitée à la Suisse.

Un besoin de transparence et de réglementation

Pour asseoir sa notoriété, le premier pas a été de devenir membre de SRO, le deuxième de collaborer étroitement avec des avocats suisses, ici avec le cabinet Böckli, à Bâle. La blockchain est en effet un domaine qui pose de grands problèmes juridiques. La start-up en fait l’expérience en direct. Le développement du Giracoin est le fruit de ce partenariat. Cette nouvelle crypto-monnaie est censée avoir l’avantage de la rapidité des transactions, par rapport à celle du bitcoin, et une meilleure réglementation. Mais le Giracoin n’en est qu’à ses débuts. «Nous faisons suffisamment de chiffre d’affaires pour être déjà à l’équilibre financier», assure le fondateur. La vente de Giracoins est liée à une commission de transaction de 0,075%.

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Sur le plan fiscal, l’acheteur de Giracoin doit considérer cette crypto-monnaie comme une partie de la fortune, selon le directeur. Mais les aspects fiscaux seront plus définitifs dans quelques mois, ajoute-t-il.

Le produit sera prolongé ultérieurement par d’autres services comme l’introduction prochaine de la plateforme d’échanges Girabuy, explique le fondateur.

Un intérêt des milieux touristiques

Le fonctionnement du Girabuy fait penser au système d’échange WIR, par référence à la banque du même nom et citée auparavant. «Le concept WIR est absolument formidable et pourrait être développé à l’étranger. Avec Girabuy, nous disposons d’une plateforme sur laquelle des négociants (hôteliers, restaurateurs ou autres) acceptent qu’au moins 20% du prix d’achat soit payé avec des Giracoins», assure Gian-Carlo Collenberg. Tous les négociants peuvent s’inscrire, mais pour l’heure les milieux du tourisme semblent très intéressés. Lors d’une étape ultérieure, il devrait être possible de disposer d’une bourse d’échange, un «giraExchange» permettant de changer des Giracoins contre des monnaies fiduciaires telles que le franc suisse, promet le fondateur.
Gian-Carlo Collenberg a déjà créé d’autres start-up avec les mêmes experts en développement informatique, révèle-t-il. Il s’agissait notamment de conseil informatique et développé un produit qui fait penser à une plateforme d’échange comme «deindeal». Dans le cas présent, la plateforme est programmée pour réaliser des achats avec des crypto-monnaies. Le premier problème est celui de l’identification des utilisateurs, selon Giracoin.

La société a voulu lancer sa propre monnaie en constatant les défauts des autres, du bitcoin à l’éther. Les aspects juridiques du bitcoin sont très lacunaires. Aujourd’hui, elle aurait de grands problèmes si elle n’avait pas déjà été créée. Certains négociants disent contrôler leurs clients. A long terme, une crypto-monnaie doit être transparente pour les autorités.

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