Une délégation suisse a pu nouer des contacts en Iran

Commerce Des entrepreneurs ont passé trois jours à Téhéran. Une première en dix ans

La délégation économico-diplomatique suisse, conduite par le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), a terminé mercredi un voyage de trois jours en Iran. Le premier depuis plus de dix ans. Les participants ont ainsi pu se faire une idée du potentiel qui existe en Iran, marché de près de 80 millions d’habitants, lorsqu’un accord sur la question du nucléaire sera conclu avec les grandes puissances. Et que les sanctions économiques seront levées.

Les deux premiers jours du voyage ont permis aux membres de la délégation de rencontrer les autorités locales, et notamment des représentants des Ministères iraniens de l’économie, des affaires étrangères et de la santé, mais aussi des partenaires économiques institutionnels comme la Chambre de commerce Iran-Suisse, créée il y a un peu plus d’un an. Le troisième et dernier jour a été réservé aux visites à des entreprises iraniennes actives notamment dans la pharma et les transports.

La délégation, composée d’une quinzaine de représentants du monde économique et de quatre diplomates, était emmenée par Livia Leu, ancienne ambassadrice de Suisse en Iran et actuelle directrice du Département des relations économiques bilatérales au sein du Seco. Jointe mercredi matin par téléphone à Téhéran, cette dernière s’est dite «très satisfaite» au terme d’une «mission intense». «Il y a eu un grand intérêt et une certaine curiosité de la part des participants», se réjouit-elle. Tout en rappelant que les relations économiques n’ont jamais été coupées entre les deux pays.

Selon elle, il faut désormais attendre qu’un accord définitif soit conclu entre l’Iran et les grandes puissances pour passer à l’étape suivante. Car les années de sanctions économiques à l’égard de la République islamique ont laissé des traces. Et personne ne veut prendre de risques. «De 800 millions de francs en 2007, les échanges économiques entre les deux pays ont chuté à 400 millions de francs, sans compter l’or, en 2014», rappelle ainsi Livia Leu.

N’en demeure pas moins que le marché iranien attise les convoitises. Même le secteur financier, pourtant particulièrement refroidi par les années de sanctions américaines, faisait partie du voyage. Au même titre que celui de la pharma, des machines ou des cleantechs, précise Livia Leu, qui rappelle que le Seco n’a pas pour habitude de dévoiler le nom des participants à ce genre de voyages.

La qualité suisse «reconnue et appréciée»

Les Suisses ne sont toutefois pas les seuls à s’intéresser au marché iranien. Les entreprises asiatiques, et notamment chinoises, sont déjà présentes sur place, confirme Livia Leu. Quant aux Européens, ils sont eux aussi en train de prospecter. «Il y avait d’ailleurs une grande délégation allemande en même temps que nous à Téhéran», souligne-t-elle.

Pour l’ancienne ambassadrice en Iran, les sociétés suisses ont toutefois de belles perspectives devant elles. «Notre pays bénéficie d’une très bonne image en Iran, explique-t-elle. Non seulement par sa neutralité mais aussi du fait qu’il représente, depuis 35 ans maintenant, les intérêts américains sur place.» Quant à la qualité suisse, elle est «reconnue et appréciée», affirme cette dernière. «Sans oublier que les Iraniens sont reconnaissants à la Suisse d’avoir su trouver des solutions pour continuer à livrer des médicaments sur place quand la pénurie menaçait il y a de cela quelques années.»