La plus grosse délégation d’entreprises genevoises (plus de 50 sociétés) jamais allée à Pékin est revenue de mission il y a deux semaines. Sur place, la représentation économique du bout du lac a rencontré près de 200 décideurs – la fréquentation ayant toutefois volontairement été limitée pour garantir la qualité des contacts –, prêts à faire des affaires avec la Suisse.

«L’opération a été un tel succès, et la demande si forte, que nous prévoyons de réitérer prochainement cette expérience», signale Daniel Loeffler, directeur du Service de la promotion économique de Genève.

A cette première prise de contact – pour certains –, destinée à se familiariser avec le marché chinois ou à consolider des rapprochements, s’est ajoutée la signature d’une convention de coopération avec l’organe public Beijing Investement Promotion Bureau (BIPB). «Ce fut la cerise sur le gâteau», résume Vincent Subilia, délégué à la Promotion économique de Genève, responsable des marchés asiatiques, pour qui 2013 est une année «lune de miel» entre la Suisse et la Chine.

Objectif de l’accord: renforcer la coordination visant à faciliter l’implantation de sociétés entre Pékin et Genève. Un texte similaire a été signé avec le Greater Zurich Area, le BIPB pékinois n’ayant conclu qu’une quarantaine de contrats de ce type à travers le monde. «Nous ne nous sommes imposé aucun objectif chiffré», précise toutefois Daniel Loeffler.

Biotech, négoce, distribution

Un canal privilégié ayant ainsi été ouvert, doit-on s’attendre, dans un proche avenir, à voir s’implanter des enseignes chinoises à Genève? «Nous comptons, depuis un certain temps déjà, une demi-douzaine de dossiers avancés», relève Vincent Subilia, qui vise une concrétisation de ces rapprochements dans les 12 à 24 prochains mois.

Certaines de ces entreprises chinoises actives dans le négoce, les sciences de la vie ou la grande distribution disposent d’effectifs mondiaux comparables à des multinationales comme Procter & Gamble.

«Dans un premier temps, ces projets d’installation à Genève ne concerneraient en moyenne qu’une quinzaine de collaborateurs, nuance Daniel Loeffler. Mais le levier d’emploi pour la région n’en est pas moins intéressant.»

Selon ce dernier, les firmes chinoises, qui ciblent traditionnellement les plus gros marchés européens telles la France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, s’intéressent depuis trois ou quatre ans à des débouchés plus modestes ou tendent à se rapprocher d’un client local.

D’où le récent attrait pour Genève. «Elles y cherchent aussi, dans plusieurs cas présents, une tête de pont pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique», conclut Vincent Subilia.