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Une fois détachée de Novartis, Alcon établira son siège mondial à Genève

La division ophtalmologique du géant pharmaceutique bâlois, dont le spin-off est en cours de réalisation, sera officiellement enregistrée à Fribourg, annonce ce mardi Novartis

Alcon, la division ophtalmologique de Novartis, établira son siège mondial à Genève après la scission. Genève abritera la direction de l’entreprise et servira de base à l’exercice d’autres fonctions, commerciales notamment. La cité de Calvin est déjà le siège de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA).

Les produits d’Alcon sont utilisés par plus de 260 millions de patients dans le monde, par exemple pour le traitement du glaucome. Son spin-off est en cours de réalisation. La société sera officiellement enregistrée à Fribourg, a annoncé ce mardi Novartis dans un communiqué.

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Les différentes unités seront regroupées dans un nouveau complexe de bureaux «moderne à proximité immédiate de l’aéroport, qui permettra de délivrer d’excellentes prestations», précise le communiqué. Une fois l’externalisation effective, Alcon devrait employer jusqu’à 700 personnes en Suisse.

«Nous nous réjouissons que Genève devienne le siège global de l’entreprise après le spin-off», a déclaré le directeur général (CEO) d’Alcon David Endicott. «Alcon dispose d’une forte présence en Suisse depuis plus de 40 ans. Le pays est réputé pour son climat économique porteur et sa politique favorisant les innovations. Le siège à Genève permettra d’augmenter encore le rayonnement de l’entreprise.» Le déménagement au bout du Léman se fera dès 2019.

Ambition d’atteindre 20’000 employés

L’enregistrement officiel d’Alcon à Fribourg ne découle pas du hasard. L’entreprise y dispose déjà d’activités importantes, en plus de ses centres à Rotkreuz et Schaffhouse. Le communiqué précise par ailleurs que Fort Worth, au Texas, qui fait actuellement office de siège de la division, restera un site important.

Novartis avait dévoilé fin juin un projet de double introduction en Bourse, à Zürich et à New York. La concrétisation du plan, prévue au premier semestre de l’an prochain, doit déboucher sur la constitution d’une entreprise de plus de 20’000 employés.

La scission d’Alcon doit permettre aussi bien à cette dernière qu’à Novartis de «se concentrer pleinement sur leurs activités de croissance respectives».

La conclusion du spin-off nécessite encore l’aval des autorités de surveillance, du conseil d’administration de Novartis et des actionnaires. Une consultation du personnel concerné est en cours. Si tout se passe comme prévu, le détachement sera «probablement bouclé au premier semestre 2019».

Résultats jugés décevants

L’opération devrait être neutre sur le plan fiscal pour Novartis. Le mastodonte bâlois conservera l’intégralité des produits pharmaceutiques d’Alcon, qui se concentrera dès lors sur les dispositifs chirurgicaux et les soins oculaires.

La division ophtalmologique se trouvait sur le balan depuis longtemps déjà, confrontée à une panne de croissance et à des résultats jugés décevants. Novartis avait lancé début 2016 un vaste processus de remaniement d’Alcon, remplaçant son directeur général Jeff George par Mike Ball et rapatriant au sein de son propre portefeuille les médicaments ophtalmologiques de sa filiale.

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Alcon a généré en 2017 un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de dollars, pour un excédent d’exploitation hors exceptionnels de 857 millions, correspondant à une marge de quelque 14%. Les investissements consentis pour l’optimisation des performances de la division avaient néanmoins creusé le déficit opérationnel comptable à 190 millions de dollars, après une perte de 132 millions déjà en 2016.

Novartis avait racheté Alcon à Nestlé pour 52 milliards de dollars et l’a comptée parmi ses divisions dès 2010.

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