Enseignement

Une enseignante genevoise va lancer une application pour géolocaliser les répétiteurs

La start-up genevoise Bulbee, fondée par Dina Mottiez, a développé une application qui propose des cours d’appui à domicile dispensés par des étudiants

Il y a quelques années, les parents demandaient à un cousin ou à la voisine de donner un coup de pouce à leurs enfants en mathématiques, en allemand ou en anglais. Au mieux, ils mettaient une petite annonce au supermarché ou dans le quotidien régional pour trouver un étudiant. Désormais, le marché s’est professionnalisé, avec l’arrivée sur l’Arc lémanique de PME spécialisées dans le soutien scolaire.

Une nouvelle venue, Bulbee, à Genève, proposera ces prochaines semaines une application mobile qui met en relation, via les smartphones, répétiteurs et élèves. «L’idée m’est venue au gré des rencontres avec les parents», explique Dina Mottiez, fondatrice de Bulbee et enseignante en français à l’Ecole de culture générale Jean Piaget à Genève.

Dina Mottiez s’est entourée de Philippe Cherel, un spécialiste en stratégie numérique, pour développer l’application qui permet de géolocaliser depuis son smartphone un répétiteur proche de son domicile ou du lieu de son choix. Bulbee garantit à ses utilisateurs, une fois les modalités d’inscription effectuées, de gérer comme ils l’entendent leurs agendas, disponibilités, cours, contacts, tarifs, durée, etc. «Cette application permet une grande flexibilité. Elle permet de trouver dans l’heure un étudiant prêt à expliquer une matière non comprise», explique Dina Mottiez. Aussi bien les parents d’élèves que les enseignants devront s’acquitter d’un abonnement trimestriel de 15 francs pour accéder à l’application.

Déjà 214 répétiteurs inscrits

«Nous avons déjà 214 répétiteurs inscrits. Il s’agit généralement d’étudiants, précise Dina Mottiez. Nous vérifions leur casier judiciaire et chacun d’entre eux devra passer un questionnaire pédagogique avant de pouvoir s’inscrire sur Bulbee.» Aucun entretien d’embauche ne sera effectué par la start-up genevoise mais les répétiteurs seront tous notés par les élèves en fonction de critères prédéfinis, comme la pédagogie, la disponibilité, l’empathie et la qualité des supports pédagogiques. Pour Dina Mottiez, les meilleurs d’entre eux ne sont pas nécessairement ceux qui possèdent des diplômes mais des personnes qui parviennent à établir une relation pédagogique avec l’élève.

La directrice de Bulbee se défend en revanche de faire de l’«ubérisation» du soutien scolaire. «Notre modèle n’est pas celui d’une économie de prédation ni d’une concurrence sauvage des institutions officielles de l’éducation scolaire. En outre, nous ne prélevons pas de commissions. Chaque répétiteur restera indépendant et fixera le tarif de son choix», explique la directrice de Bulbee, qui ne communique pas ses prévisions en matière de chiffre d’affaires.

Rude concurrence

Qu’en pense la concurrence? «Ce type d’application encourage le travail au noir», estime Alex Herren, fondateur d’Easyprofs.ch, un site romand qui propose des leçons à domicile dispensées par des étudiants. Pour sa part, cette PME recrute et sélectionne les répétiteurs et gère les salaires, assurances et charges sociales. Les élèves ou leurs parents achètent un cours par paquet de dix, vingt ou trente heures en précisant la matière désirée, leur niveau, leur lieu de résidence et leurs disponibilités.

Sur cette base, Easyprof.ch lance la procédure de recrutement parmi ses répétiteurs et prend une commission inférieure à 10%. «Sur des applications comme Bulbee ou des sites comme Trouver-un-cours.ch, il n’y a pas de garantie de qualité», affirme Alex Herren. Il cite aussi un autre acteur important en matière d’appui scolaire: le Centre vaudois d’aide à la jeunesse (CVAJ). «C’est une plateforme de marché noir sponsorisée par l’Etat», lance-t-il.

Concept inverse

En revanche, chez FuturPlus, un autre acteur important en matière de soutien scolaire, on ne s’inquiète pas de l’arrivée de Bulbee. Cette PME lausannoise a développé un concept totalement inverse. Les élèves se déplacent dans les locaux de cette société pour bénéficier d’un encadrement individuel ou par groupe de deux, voire cinq personnes au maximum.

«Nous avons bénéficié du bouche-à-oreille. Chaque semaine, nous accueillons 400 élèves et nous travaillons avec 52 enseignants formés à différentes stratégies d’apprentissage», relève Noël Dentan, cofondateur, avec sa femme Yolanda, de FuturPlus. La société, qui a des bureaux à Lausanne, Yverdon-les-Bains et Montreux, prévoit de s’étendre sur un autre canton romand. «Nous travaillons également sur la motivation, l’organisation et les techniques d’apprentissage», explique Noël Dentan, qui propose également des modules destinés aux apprentis ou aux jeunes sans solution après la scolarité obligatoire.

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