Hongkong a décidé de prendre le taureau par les cornes. La région administrative spéciale chinoise vient de nommer une équipe commando chargée de répondre à la crise du crédit. Si son chef de l'exécutif, Donald Tsang, s'est positionné à sa tête, elle est composée de dix autres hauts responsables de l'île, parmi lesquels Stephen S. Roach, le président de Morgan Stanley Asie, Victor Fung, le patron du fabricant de jouets et de vêtements Li & Fung ou Mervyn Davies, le patron de Standard Chartered.Alors que Pékin ne cesse de clamer que la Chine ne sera qu'indirectement touchée par la crise, l'île tremble chaque jour un peu plus. «Les défis devant nous sont intimidants», a expliqué hier sur le site internet de son gouvernement Donald Tsang. «Le dégât que le tsunami financier a infligé à l'économie mondiale doit encore être totalement révélé.» Depuis le début de l'année, l'index Hang Seng avait perdu 58% pour atteindre son plus faible niveau depuis septembre 1998, avant sa remontée de 14,35% hier à 1580,45 points. Ces cinq derniers jours, il avait perdu 28%, dont sa plus grosse perte journalière lundi (-12,7%).

«Formuler un plan

de travail»

La première réunion de la nouvelle entité le 3 novembre, à laquelle participera le directeur Asie-Pacifique du Fonds monétaire international, s'annonce donc tendue. Elle devra servir «à répondre et à formuler un plan de travail pour les prochains mois». La quasi-intégralité de l'économie de Hongkong repose en effet sur la finance. Donald Tsang a déjà expliqué que la crise actuelle s'annonçait plus sévère que celle qui avait secoué l'Asie en 1997, même si son île semblait mieux armée pour y faire face. En 1998, elle avait connu une récession de 5,1% et, après un fort rebond en 2000, avait dû attendre 2004 pour repartir véritablement et 2005 pour connaître la fin de six années consécutives de déflation.Si le FMI a annoncé que la croissance de Hongkong pourrait s'élever à 3,5% en 2009 (contre 6,4% en 2007), son sort semble largement dépendre de celui du continent chinois. Sa renaissance en 2004-2005 avait été favorisée par l'explosion de l'économie continentale et la multiplication des introductions en bourse (191,5 milliards de dollars hongkongais, soit à l'époque 18,35 milliards d'euros). Les plus grosses sociétés chinoises ont désormais levé des fonds, et la cité ne pourra plus compter une seconde fois sur leur aide providentielle. Sa devise, rattachée au dollar américain, pourrait également s'avérer un poids à l'heure où le yuan s'est stabilisé et apparaît comme une monnaie refuge. Cet ensemble de nouvelles pourrait bénéficier à Shanghai, dont la montée en puissance au sein du système financier chinois semble inexorable depuis quelques années.