S'il fallait encore un signe clair de la volonté du groupe Richemont de renforcer sa base industrielle, le voilà! En marge du Salon International de la haute horlogerie (SIHH) qui se tient ces jours à Genève, Piaget a présenté hier soir à un millier d'invités sa nouvelle manufacture de Plan-les-Ouates. Il s'agit là d'outil supplémentaire, non destiné à remplacer la manufacture historique de mouvements de la marque à La Côte-aux-Fées, laquelle continuera à produire les calibres maison.

Œuvre du bureau d'architecture neuchâtelois Pierre Studer SA, la nouvelle manufacture Piaget fait la part belle à de grandes baies vitrées ainsi qu'au bois. De composition originale, le bâtiment s'inscrit dans un anneau, symbole d'un cadran de montre. Entre le 1er mai et le 6 août, et après 14 mois de travaux, ce sont près de 340 collaborateurs qui investiront ce nouveau site de haute horlogerie d'une surface de quelque 8500 m2 au sol, dont 3750 m2 répartis sur deux halles et destinés à la production. Cette dernière sera organisée en lignes dans des espaces dépourvus de piliers et de cloisons, offrant ainsi une flexibilité certaine à l'entier du processus de production.

Cette réalisation s'inscrit dans une très vaste offensive du groupe Richemont, visant à renforcer sa présence en Suisse, à accroître de manière significative ses capacités de production et à réduire d'autant sa dépendance envers certains fournisseurs extérieurs. Et cela, pour l'heure, en préservant l'autonomie de chacune des marques horlogères du groupe: les sites de La Chaux-de-Fonds, de Villars-sur-Glâne (extension) et de Plan-les-Ouates ont été récemment construits ou sont en phase d'achèvement. A cela s'ajoutent des constructions projetées chez Vacheron Constantin, une nouvelle extension chez Jaeger-LeCoultre et l'édification du siège administratif de Richemont à Genève. C'est dire que le groupe, qui a annoncé la semaine dernière sa nouvelle structure de direction, inscrit clairement sa politique de développement dans le long terme. Un élément significatif, au moment ou le ralentissement économique attendu va sans doute freiner la croissance des groupes de luxe. M. J./BIPH