Comment Zurich se situe-t-elle par rapport à d'autres «métropoles» suisses et étrangères? C'est à cette question que veut répondre une étude comparative réalisée sous l'angle du «développement durable», en tenant compte de certains indicateurs écologiques et sociaux venant s'ajouter aux données économiques. Selon ce rapport présenté hier avec des interventions du conseiller d'Etat Rudolf Jeker et du maire Elmar Ledergerber, Munich, Zurich, Londres, Genève et Paris, dans l'ordre, occupent les cinq premières places dans ce «benchmark report» commandé par la Banque Cantonale de Zurich, ainsi que le canton et la Ville.

Le rapport de l'institut bâlois d'études économiques BAK apporte dans sa partie économique un certain nombre de précisions sur l'évolution du secteur financier à partir de 1995. Certes, une forte croissance a été enregistrée à Zurich, à Genève et à Bâle jusqu'en 2000. Mais la progression a été encore plus marquée à Londres, dans quelques villes allemandes, et surtout à New York et à Boston. Pendant l'année 2001, le secteur a d'ailleurs continué à croître en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, alors qu'il a presque stagné à Zurich, et surtout à Genève. Seule la ville de Bâle, siège de UBS et des services financiers du secteur pharmaceutique, a alors encore réalisé un petit pour-cent d'amélioration.

Cette évolution est notamment due à l'exiguïté du marché intérieur suisse: le secteur financier américain a surtout vu progresser la «banque de détail» et les activités financières liées à l'immobilier et aux PMU sur son immense marché «maison». La même chose est vraie de l'Allemagne où, en revanche, le secteur bancaire traverse une crise d'adaptation structurelle. De son côté, le secteur financier suisse est fortement orienté vers la gestion de grandes fortunes, elles-mêmes largement dépendantes des marchés boursiers et de la conjoncture générale. D'où sa croissance plus faible dès 1995 et quasiment nulle en 2001.

A Zurich, siège de la majorité des banques et des assurances, la part du secteur financier au PIB, particulièrement élevée, représente quelque 25%. La crise de 2001 a donc eu un effet particulièrement marqué, d'autant plus que s'y est ajouté l'effondrement du tourisme en général et de Swissair en particulier. En outre, Zurich compte une part relativement importante d'industrie traditionnelle à l'exportation, notamment en biens d'équipement, et ce domaine a aussi souffert en 2001. En revanche, la part zurichoise d'activités chimiques et pharmaceutiques, et celle d'autres activités de haute technologie, a connu une croissance au-dessus de la moyenne (supérieure à Bâle).

Du fait de son positionnement industriel, Zurich a une économie plus cyclique que le reste du pays. Selon le BAK, la progression du PIB redeviendra supérieure à la moyenne nationale dès qu'une reprise internationale se fera sentir. La croissance reprendra également dans le secteur financier, mais à un rythme plus lent. L'avenir du «private banking» s'annonce plus amorti que celui d'autres activités financières. Aussi, les perspectives de Genève «après la reprise» sont-elles moins positives, selon le BAK. Quant à Bâle, remarquablement positionnée ces dernières années, elle conservera un léger avantage jusqu'en 2005, même si son dynamisme global sera inférieur à celui de Zurich.

Dans une deuxième partie, cette étude comparant 19 métropoles internationales essaie d'introduire des critères de «développement durable», en se fondant sur une notion d'évolution équilibrée de l'économie, de l'écologie et des facteurs sociaux. Du point de vue de l'utilisation des énergies et de la santé, Genève est particulièrement bien placée. Cependant, en intégrant tous les éléments économiques et «de durabilité», le BAK arrive à un classement dans lequel Munich prend la tête, suivie par Zurich, Londres, Genève et Paris. Bâle n'y occupe plus que la onzième place. A noter que les promoteurs de l'étude déclarent eux-mêmes que dès l'année prochaine, ils auront recours à des indicateurs plus nombreux et plus fins. On peut notamment s'étonner de l'absence de données relatives à la formation et à l'innovation.