Horlogerie

Une fin d’année difficile a pesé sur le résultat de Swatch en 2018

Pour 2018, le bénéfice du groupe horloger est en hausse de 14,8% et le chiffre d’affaires de 6,1% par rapport à l’année précédente. Des chiffres décevants, à en croire les analystes

Ventes et profit en hausse, cote auprès des analystes en baisse. La publication, jeudi, des résultats annuels de Swatch Group a déçu les attentes du marché, même si les chiffres affichent une croissance. Le premier groupe horloger du monde a engrangé l’an dernier un bénéfice net de 867 millions de francs pour un chiffre d’affaires de 8,475 milliards. Ces deux valeurs sont en hausse de respectivement 14,8% et 6,1% par rapport à 2017.

«Les affaires ont connu un ralentissement sur les trois derniers mois. Le mois de décembre en particulier a été faible», relève jeudi le géant horloger. Le fait que la base de comparaison (fin 2017) était particulièrement élevée a contribué à cet affaiblissement. Omega et Longines, deux des quelque 18 marques du groupe, ont connu des problèmes de livraison. Plusieurs usines de production dans l’habillage ont «travaillé à la limite de leurs capacités, voire au-delà», assure pourtant le propriétaire d’autres marques comme Breguet, Jaquet Droz ou Rado.

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Chine et produit connecté

Le groupe horloger a précisé cependant que 2019 avait bien démarré. Il s’attend pour le début de l’exercice à «une saine croissance» malgré la base comparative élevée du premier semestre 2018. La demande est favorable et les goulets dans la production, rencontrés notamment dans l’habillage, seront résolus lors des six premiers mois.

Les raisons de cet optimisme sont diverses. Il y a d’abord la Chine, qui offre de «grandes opportunités» au groupe – en dépit des différends commerciaux – grâce à sa position de numéro un sur ce marché. Autre point: la réponse tant attendue de Swatch Group à la déferlante de produits connectés devrait arriver dans le courant de l’année. «Tissot présentera courant 2019 sa Smart T-Touch, dotée de son propre système d’exploitation», promet l’entreprise.

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Pas de quoi impressionner les experts de Morgan Stanley: «Nous nous attendons à ce que la croissance du groupe soit anémique au mieux en 2019 et 2020», écrivent-ils dans une note jeudi. «L’entreprise donne des perspectives positives pour 2019, mais nous allons réduire nos estimations», affirme pour sa part l’analyste de la banque Vontobel. Jeudi matin, l’action du groupe perdait jusqu’à 8% à la bourse suisse.

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Les chiffres clés pour 2018 se situent au-dessous du consensus des analystes consultés par AWP. Les ventes sont inférieures aux attentes à hauteur de quelque 200 millions de francs, tandis que le bénéfice net a manqué la cible prévue pour 110 millions. L’ordre de grandeur est le même pour le résultat opérationnel, qui a atteint 1,15 milliard (+15,2% sur un an), alors que les attentes tablaient sur 1,3 milliard.

La marge opérationnelle du groupe se monte à 13,6%, contre 12,5% douze mois plus tôt. Les actionnaires se voient proposer un dividende de 8 francs par action au porteur (+6,7%) et de 1,60 franc par titre nominatif.

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