Technologie

Une fintech indonésienne à la bourse suisse

Achiko, qui se spécialise dans les porte-monnaies numériques, veut bénéficier de l’écosystème helvétique favorable aux start-up financières

Achiko. C’est le nom du nouveau venu à la bourse suisse, depuis vendredi, sous le ticket «ACHI». Il dit vouloir coter 89,6 millions de titres sur la place zurichoise à un prix d’entrée de 70 centimes. L’entreprise fintech (un diminutif pour technologie financière) est une holding indonésienne soutenue par MNC, le principal groupe de médias en Indonésie, et MOX, un poids lourd du capital-risque en Chine.

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Fondée en 2018, Achiko propose essentiellement une solution de paiements numériques, appelée Mimopay, destinée aux personnes qui n’ont ni carte de crédit ni compte bancaire. Ce service, qui revendique 2 millions d’utilisateurs, est accepté dans plus de 10 000 commerces et quelque 100 000 distributeurs de billets en Indonésie, en Thaïlande et aux Philippines. La holding englobe également une messagerie cryptée, Kryptonite, active en Indonésie, en Corée du Sud et à Taïwan.

«Choix stratégique et long terme»

La jeune pousse se dit inspirée par les applications chinoises WeChat et Kakao, qui combinent des services financiers et un éventail de services connexes, des jeux aux messageries.

Pourquoi ce groupe asiatique a-t-il choisi la Suisse? «C’est un choix stratégique et de long terme», répond son président Allen Wu, dans un communiqué. «La Suisse est un hub pour la fintech et les innovations, doté d’un cadre législatif approprié.» La région de Zoug et de Zurich a ainsi pu être surnommée «crypto valley», mais d’autres cantons, comme Genève, estiment jouer un rôle prépondérant pour les fintechs.

Allen Wu fait d’ailleurs part de son intention d’ouvrir un siège en Suisse (le lieu n’est pas précisé) pour appuyer ses partenariats européens. Outre l’Indonésie, le groupe peut déjà compter sur des bureaux à Hongkong, Singapour et en Corée du Sud.

Marché porteur

Et pourquoi entrer en bourse? Parce qu’Achiko a besoin de fonds pour se développer ailleurs en Asie du Sud-Est, en Birmanie, aux Philippines et au Vietnam, par le biais de partenariats, précise Allen Wu dans le communiqué.

«Il y a de nombreux autres pays en développement à travers le monde où les gens ont largement accès aux smartphones mais n’ont pas de comptes bancaires, et donc ne peuvent pas payer par le biais des canaux traditionnels», indiquait en juin Kenneth Ting, directeur général d’Achiko (la holding avait initialement prévu de se lancer à la bourse suisse cet été). «Ces marchés sont porteurs pour nous.» Rien qu’en Indonésie, plus de cent millions de personnes n’auraient pas de compte bancaire.

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