L’idée de ne pas rémunérer les avoirs des caisses de pension peut a priori paraître séduisante. Elle permettrait aux institutions de prévoyance, dont le taux de couverture moyen reste pour l’instant inférieur à 100%, de se remettre plus rapidement à flot après la débâcle essuyée en 2008. Et de reconstituer des réserves.

Politiquement, la mesure constituerait pourtant un signal très négatif envoyé aux salariés. Ceux-ci doivent déjà composer avec un premier abaissement progressif du taux de conversion de leurs avoirs, qui détermine leurs rentes futures. Et les Suisses devront voter prochainement (peut-être le 7 mars 2010) sur une deuxième diminution de ce taux. Le cumul des pilules amères risque de devenir très difficile à avaler.

Le 2e pilier doit se concevoir sur le long terme, car un salarié y cotise au moins quarante ans. Mieux vaut donc assainir cette institution dans la durée, sans opter dans l’urgence pour les mesures les plus dures.