Derrière les comptoirs de la pharmacie internationale Golaz, place Saint-François à Lausanne, c’est un dédale de présentoirs, de rayonnages rotatifs ornés d’une mosaïque d’emballages cartonnés de toutes les tailles. Des portes dérobées dévoilent de nouveaux étalages et des colonnes de tiroirs, qui coulissent sous nos yeux, donnant une illusion d’infini. Pourtant, ce sont les pénuries qui battent la mesure dans les pharmacies suisses.

«Face au nombre croissant de médicaments en rupture de stock, trouver des solutions est devenu un effort quotidien», s’alarme Yvan Laedermann. Il est le pharmacien responsable de l’enseigne lausannoise, qui, outre la vente au détail, a la particularité de cumuler les rôles de grossiste, importatrice, exportatrice et fabricante, de sorte que ses confrères font souvent appel à lui pour combler les ruptures. Sauf que son éventail de solutions se réduit, à mesure que le manque se fait sentir: il manque par exemple aujourd’hui plusieurs anti-inflammatoires – Irfen, Brufen, Ponstan – ainsi que des antibiotiques, comme la co-amoxicilline ou la ciproxine.