Argentine

Une grève générale paralyse l’Argentine

La grève, qui a débuté lundi à minuit, dénonce la politique de rigueur du gouvernement de Mauricio Macri, dans un contexte de ralentissement de l’économie et d’inflation de plus de 20%

L’Argentine était pratiquement paralysée lundi par une grève générale de 24 heures à l’appel des principaux syndicats pour protester contre la politique gouvernementale et la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).

Selon le dirigeant de la Confédération générale des travailleurs (CGT, principale centrale syndicale), Juan Carlos Schmid, c’est la grève «la plus importante des huit dernières années». La CGT s’est bornée à appeler à la grève mais des groupes plus radicaux ont organisé des manifestations pour couper l’accès à Buenos Aires où des centaines de membres des forces de l’ordre ont été déployés.

Sans trains, autobus ou taxis, Buenos Aires était quasiment déserte. Seules circulaient des voitures particulières. Les écoles publiques étaient fermées et la plupart des Argentins ne se sont pas rendus au travail.

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La grève, qui a débuté lundi à minuit (5h en France), a neutralisé aussi le trafic aérien. Tous les vols intérieurs ont été annulés comme les vols internationaux à l’arrivée ou au départ de Buenos Aires et des autres aéroports du pays. L’activité devait reprendre mardi.

Une grève à 1 milliard de dollars

Les organisateurs protestent contre la politique de rigueur du gouvernement de centre droit, dans un contexte de ralentissement de l’économie et d’inflation de plus de 20% qui plombe le pouvoir d’achat. A cela s’ajoute un accord avec le FMI – mal vu de la population qui le rend responsable de la dégradation de l’économie depuis dix-sept ans – pour un prêt de 50 milliards de dollars, synonyme de nouveaux sacrifices en perspective.

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Les revendications portent avant tout sur les salaires. La hausse des prix sur les 12 derniers mois est de 26% et l’inflation annuelle pourrait atteindre 30% en 2018. Les syndicats demandent la réouverture des négociations paritaires, tenues avant la crise du peso d’avril à juin, au cours de laquelle celui-ci a perdu environ 30% de sa valeur.

«Une grève générale n’est pas suffisante. Un plan de lutte est nécessaire, pour mettre en échec ce plan de guerre contre les travailleurs», a lancé sur un barrage routier Marcelo Ramal, un dirigeant du Parti ouvrier. Le dirigeant syndical des routiers Hugo Moyano a regretté que «le gouvernement soit incapable d’apporter des solutions. Il est instrumentalisé, il s’est rendu au FMI».

Le ministre de l’Economie, Nicolas Dujovne, a estimé que la grève coûterait 1 milliard de dollars à la troisième économie d’Amérique latine. Signe d’incertitude, la bourse de Buenos Aires a chuté de 4,47% lundi.

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