Stéphanie Theintz, Vaudoise de 35 ans, porte une responsabilité énorme sur ses épaules. C'est elle qui est chargée de la mise en place du cadre du spectacle. C'est-à-dire la remise à niveau du Stade de Genève en prévision des trois matches qui y seront disputés en juin.

«Si la direction de l'UEFA et de l'Euro est avant tout une affaire d'hommes, ce sont des femmes qui sont aux commandes à Genève», a noté malicieusement Martin Kallen, directeur d'Euro 2008 SA, la société organisatrice, au moment d'ouvrir l'unique visite des lieux à la presse mercredi 21 mai.

Huit jours après la remise officielle de l'arène à l'UEFA, beaucoup reste à faire. Certes, les bannières géantes de l'Euro 2008 sont déjà accrochées aux façades extérieures, mais la paroi qui entoure le terrain a disparu. Un tracteur vert tond pour la énième fois la pelouse. Les buts gisent au pied de la tribune nord.

Reste à faire l'essentiel, c'est-à-dire à installer les 31 caméras de télévision, les tribunes pour les médias, les places VIP, etc. Ces préparatifs incluent l'installation de 108 kilomètres de câbles supplémentaires pour relier les caméras aux régies, l'installation d'une tente de presse de 1300 mètres carrés dotée de 312 places de travail et le renforcement de la puissance lumineuse des projecteurs. «Avec 1300 lux, les responsables du stade sont tranquilles pour quelques années», observe Stéphanie Theintz.

Après l'Euro, les JO

Seules les grandes bannières à la gloire de l'Euro et de ses sponsors pourront apparaître. Toutes les autres inscriptions à l'intérieur du stade et dans ses alentours immédiats seront masquées, ce qui a entraîné les protestations de certaines enseignes présentes au centre commercial voisin de La Praille. Paradoxalement, l'inscription à la gloire du Servette FC sur les sièges de la tribune est sera maintenue: «Nous n'avons pas trouvé de peinture avec le ton exact de la couleur des sièges», s'amuse la reine des lieux.

La jeune femme règne sur une équipe étonnamment réduite au regard de la taille du chantier: 35 personnes en tout pour coordonner les aménagements depuis la remise des clés du stade par l'Etat de Genève le 12 mai dernier. Les travaux sont effectués par une dizaine d'entreprises sous-traitantes: des locales pour les tâches courantes, comme l'électricité ou les télécoms, des spécialistes venant parfois de loin pour les aménagements requérant un certain degré de spécialisation, comme la pose des décorations du bâtiment. L'investissement total consenti par l'UEFA se monte à environ 14 millions de francs. Il n'inclut pas les frais pris en charges par les pouvoirs publics.

Installée dans le stade depuis l'hiver dernier, Stéphanie Theintz est une habituée de la préparation technique de tels événements. Cela fait huit ans qu'elle travaille pour l'UEFA, d'abord comme salariée, actuellement comme mandataire. Un métier qui exige d'elle une disponibilité absolue et des horaires sans limites, mais qui lui permet aussi de passer d'une grande fête sportive à l'autre. Dès que son rôle sera terminé à Genève, elle s'envolera pour Pékin, où l'attendent les Jeux olympiques.