Des transactions complexes à haut risque. Des milliards de dollars perdus. A Londres.

L’affaire JPMorgan n’est pas sans rappeler celle d’UBS, en septembre dernier. On se souvient toutefois que la grande banque suisse avait d’emblée rejeté la faute sur un de ses jeunes collaborateurs.

Même s’il cherche encore à sauver son poste, James Dimon, président et directeur général de JPMorgan, a d’emblée reconnu des erreurs de gestion. La banque s’est trompée et ne poursuit pas ses employés en justice.

Cette attitude reflète une différence de culture entre les deux côtés de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, le patron est jugé beaucoup plus responsable de son entreprise qu’en Europe. Les actionnaires sont aussi là pour le lui rappeler. Enfin la loi, plus exigeante, renforce cette situation. Voilà qui pourrait servir de leçon de responsabilité à UBS, ou à Société Générale qui a aussi connu une affaire de ce genre, et dont les dirigeants n’ont payé l’addition que bien plus tard.

La leçon s’arrête ici. Car la répétition de ces affaires montre surtout que les banques trop grandes pour faire faillite continuent de construire des Ferrari non équipées de frein. On se souvient d’ailleurs combien James Dimon ou Oswald Grübel ont critiqué les nouvelles normes de régulation bancaire.

Si la crise de la zone euro tourne vraiment mal, ce que l’on ne peut exclure, ces sorties de route de JPMorgan et consorts font redouter le pire pour le système financier mondial. D’autant que, depuis 2008, l’emprise de ces établissements sur les marchés n’a fait que grandir. Sans oublier que tant que les banques centrales maintiendront les taux d’intérêt au plus bas, les acteurs financiers continueront d’être incités à chercher du rendement à tout prix.