Pour la première fois, l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) se lance dans l'organisation d'une formation universitaire classique. Jusque-là, l'institut lausannois n'offrait que des cursus de niveau post-grade, essentiellement destinés aux cadres des administrations.

Mais les réformes nées de la déclaration de Bologne changent la donne. Des masters - ou maîtrises universitaires - spécialisés peuvent désormais être mis sur pied (lire ci-dessus) et l'IDHEAP a saisi la balle au bond. L'institut offrira ainsi un nouveau master en politique et management publics dès octobre 2006. Ce programme est organisé conjointement avec les universités de Berne, Lausanne, Neuchâtel et de la Suisse italienne, et en collaboration avec l'Université de Genève (Unige).

D'une durée de quatre semestres, interdisciplinaire, il est ouvert aux titulaires d'un bachelor universitaire ou d'une licence en économie, management, sciences sociales et politiques ou droit. La première année consistera en un tronc commun qui se déroulera, au choix, à Lausanne ou à Berne.

La deuxième année, les étudiants choisiront une orientation spécialisée: le droit public à l'Université de Berne; le contrôle et l'évaluation de l'action publique à Genève; le pilotage des organisations et des politiques publiques à Lausanne; l'économie publique à Neuchâtel; ou enfin l'économie, le management et la communication au Tessin.

De son côté, l'Université de Genève offre également une maîtrise en management publique, née de la transformation de l'ancien diplôme d'études approfondies (DEA). Saint-Gall propose aussi un master en gouvernance et affaires publiques. «L'idée, explique Martial Pasquier, professeur à l'IDHEAP et responsable du projet, est de regrouper les forces pour créer une formation spécialisée en administration publique.»

Pour l'instant, Genève participe au projet de l'IDHEAP en pilotant l'école doctorale et en offrant ses compétences en contrôle et évaluation de l'action publique aux étudiants de 2e année. Mais l'Unige conserve son propre master: «Il était le premier du genre et fonctionne très bien, souligne Frédéric Varone, professeur à l'Université de Genève et responsable du master en management public. Il a une ouverture internationale, accueille de nombreux étudiants, étrangers notamment, et nous devons leur permettre d'achever leur cursus.» Autre raison: le master de l'IDHEAP bénéficie d'une subvention de la Conférence universitaire suisse pour deux ans, Genève préfère donc s'assurer de la pérennité du diplôme avant d'éventuellement abandonner le sien. «Mais qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, ajoute Frédéric Varone. Nous participons, même s'il reste des détails d'organisation à régler.»

Selon Martial Pasquier, les débouchés sont nombreux: «Le secteur public représente entre 15 et 17% des emplois en Suisse. Si l'on ajoute les postes dans le secteur parapublic, dans les associations à but non lucratif ou les ONG, qui fonctionnent selon les mêmes principes, notre formation concerne un pan important de l'économie suisse.»

Le nouveau cursus a aussi l'ambition d'accroître les compétences culturelles des cadres de la fonction publique. Ainsi, les étudiants seront mis en contact avec différentes approches et cultures administratives en Suisse comme en Europe. Des enseignants issus des trois régions linguistiques interviendront dans le programme, des conférences et des rencontres avec des hauts fonctionnaires seront également organisées.

Infos sur le site: http://www. idheap.ch