Suite de la première page

Robert Mayor a assuré les représentants des manifestants que Berne partageait leur inquiétude, et s'efforcerait de vendre l'or progressivement sur plusieurs années afin de ne pas déstabiliser le marché. L'ambassade suisse à Pretoria s'est également fendue d'un rapport sur les conséquences sociales que pourraient avoir les ventes d'or projetées.

La Banque d'Angleterre a vendu une première tranche de 25 tonnes il y a dix jours, provoquant la chute des cours du métal fin en dessous du seuil historique de 260 dollars l'once. Elle compte se séparer de plus de la moitié de ses réserves, soit 415 tonnes d'or. De son côté, la Banque Nationale Suisse devrait commencer à vendre quelque 1300 tonnes d'or au printemps 2000. Le produit de cette opération devait permettre initialement le financement de la Fondation suisse de solidarité, dont l'avenir politique est aujourd'hui incertain. Cet or n'est plus nécessaire au soutien de la politique monétaire de la BNS. Une délégation sud-africaine a quitté Londres vendredi, après avoir vainement tenté de convaincre les autorités britanniques de revenir en arrière. Une autre délégation, qui réunira plusieurs pays africains dont l'économie dépend grandement de la production de métal jaune, viendra prochainement en Suisse. Cette démarche recueille un soutien politique grandissant aux Etats-Unis, qui pourraient s'opposer à une vente de 10% du stock d'or du Fonds monétaire international, destinée à financer l'effacement de la dette de plusieurs pays en développement. Problème: 36 des 41 pays concernés sont également producteurs d'or. Les Etats-Unis, qui possèdent 17% des droits de vote au FMI, comptent aussi plusieurs Etats producteurs d'or. Une lettre a été envoyée à Bill Clinton par des membres du «Black caucus», groupe de députés démocrates, pour que Washington refuse l'opération planifiée par le FMI.