Les échanges ont repris, vendredi matin, à la Bourse de Tokyo, paralysée pendant toute la séance de la veille par une panne matérielle d'une ampleur historique, qui a également affecté d'autres places boursières japonaises. Vers 2 h 20 (heure de Suisse), l'indice vedette Nikkei progressait de 0,55% à 23 313,10 points, tandis que l'indice élargi Topix montait de 0,56% à 1634,52 points.

A la bourse de Tokyo, les échanges devraient reprendre vendredi. Mais jeudi la séance n’a pour ainsi dire pas eu lieu. L’opérateur boursier JTX a été paralysé toute la journée en raison d’une «panne matérielle» d’une ampleur historique. «Nous prévoyons que les ordres d’achat et de vente se dérouleront de manière habituelle» vendredi, a indiqué la bourse de Tokyo, la troisième plus importante place financière mondiale, dans un communiqué. Le marché ouvrira aux prix de clôture de mercredi soir.

L’ensemble des échanges de valeurs à Tokyo et dans d’autres bourses japonaises avaient été interrompus avant même l’ouverture, en raison d’un problème technique qui a causé une perturbation de la transmission des informations du marché. Ce, alors que la journée devait être marquée par plusieurs publications de chiffres économiques importants pour les marchés actions. En outre, le 1er octobre étant à la fois le début d’un trimestre et du second semestre dans le calendrier japonais, c’est traditionnellement une journée où les volumes sont plus importants que la moyenne, de nombreux fonds devant ajuster leurs positions.

Panne de mémoire

Une résolution rapide du problème aurait nécessité un redémarrage du système, qui «aurait causé la confusion», a expliqué dans l’après-midi le président de la bourse de Tokyo lors d’une conférence de presse. «Après en avoir discuté avec les autres acteurs du marché, nous avons décidé de suspendre les échanges pour l’ensemble de la journée», a déclaré Koichiro Miyahara. «Nous avons causé d’importants désagréments à un grand nombre d’acteurs du marché et d’investisseurs» et «nous nous en excusons sincèrement», a-t-il ajouté.

L’origine de l’incident est une panne de mémoire qui a empêché le déclenchement d’un dispositif de secours. Des responsables ont annoncé que le matériel défectueux avait été remplacé et que des équipes seraient déployées pour observer le système, afin d’éviter que le problème ne se reproduise.

Autres places touchées

La panne est survenue tôt dans la matinée, provoquant l’interruption des opérations moins d’une demi-heure avant l’ouverture de la bourse de Tokyo. D’autres places nippones ont été affectées, celles de Nagoya, Sapporo et Fukuoka, qui utilisent le même système d’échange que Tokyo, étant également à l’arrêt.

JPX est le troisième plus important opérateur au monde en termes de capitalisation totale des entreprises cotées, derrière le New York Stock Exchange et le Nasdaq, selon la Fédération mondiale des bourses de valeurs (WFE). La capitalisation boursière des titres de JPX représentait 5100 milliards de dollars en mars. Environ 3000 milliards de yens (24,2 milliards d’euros) de titres s’y échangent en moyenne chaque jour.

Le précédent incident technique notable sur la place tokyoïte, en 2018, avait temporairement perturbé les échanges, mais la dernière interruption totale, qui n’avait cependant duré qu’une matinée, remonte à 2005. Selon un porte-parole de JPX, c’est la première fois que les échanges ont été paralysés pendant une journée complète depuis l’installation du système actuel, électronique, en 1999.

L’impact de l’incident de 2005 «n’avait pas été particulièrement fort», a déclaré à l’AFP Makoto Sengoku, analyste au Tokai Tokyo Research Institute, notant que les contrats à terme sur l’indice vedette Nikkei étaient en hausse. En août, plusieurs cyberattaques provenant apparemment de l’étranger avaient perturbé les réseaux informatiques de la bourse néo-zélandaise en les inondant de trafic, contraignant la place à geler les échanges durant quatre jours consécutifs. Les responsables de JPX ont indiqué n’avoir pas décelé de traces d’une cyberattaque.