Impala Platinum, numéro deux mondial de la production de platine derrière Anglo Platinum, profite de la forte progression du prix de cette matière première. L'once de platine, dont les trois quarts de la production mondiale sortent des mines d'Afrique du Sud, a atteint la semaine dernière un niveau historique à 1095 dollars (1410 francs). La demande pour ce métal précieux, utilisé dans les pots catalytiques, la fabrication d'écrans LCD et la joaillerie, est forte. L'offre ne devrait pas être suffisante, pour la huitième année consécutive en 2006.

Profitant de ce déséquilibre, l'action de la compagnie sud-africaine s'est envolée de 50900 rands à 113700, soit une hausse de 123,4%, en un an. «Nous avons profité de la hausse du prix du platine et de l'augmentation de notre production. Sur le dernier semestre clos au 31 décembre, elle a atteint 590000 onces, soit une progression de 8% par rapport à la même période en 2004. Cela constitue un record», relève Bob Gilmour, responsable des relations avec les investisseurs d'Impala Platinum, lors d'une interview accordée récemment au Temps à Johannesburg.

Outre le platine (environ 65% des ventes d'Impala Platinum), le groupe qui emploie 30000 collaborateurs a aussi profité des hausses des autres produits de ses mines: le palladium (8,5%), le rhodium (10,7%) et le nickel (10,5%). Le rhodium, métal le plus cher au monde, a vu son cours tripler en une année. Il atteint 4500 dollars l'once troy (31,10 grammes). Ce mouvement s'explique par une offre extrêmement limitée (23 tonnes extraites en 2005 dans le monde) et une demande forte du secteur automobile. Quant au nickel, il a atteint la semaine dernière son niveau record depuis 1989 en franchissant la barrière des 18000 dollars la tonne. «Nos revenus continueront de progresser cette année», anticipe Bob Gilmour

Néanmoins, une épée de Damoclès pèse sur l'avenir d'Impala Platinum. Robert Mugabe, président du Zimbabwe, a annoncé récemment son intention de transférer 51% du capital-actions des compagnies étrangères à l'Etat. «Des discussions ont eu lieu récemment entre Keith Rumble (patron d'Impala Platinum) et Robert Mugabe. Il en est ressorti que son annonce de 51% était prématurée. Nous avons entendu une rumeur selon laquelle une participation de l'Etat et d'entreprises locales jusqu'à hauteur de 30% pourrait être prise en compte. Les négociations se poursuivent. Nous investissons environ 50 millions de dollars pour passer d'opérations à ciel ouvert à des activités souterraines dans ce pays», affirme Bob Gilmour. Outre le Zimbabwe, plusieurs projets sont en cours. Impala Platinum a récemment annoncé la création d'une coentreprise avec Jubilee Platinum à Madagascar. «Nous avons investi 5 millions de dollars pour l'exploration de mines de nickel et de platine dans ce pays. Dans notre pipeline, nous avons d'autres projets d'exploration en Amérique du Nord, au Canada, en Amérique du Sud et en Chine», ajoute Bob Gilmour.

Pour se développer, Impala Platinum pourrait racheter des entreprises locales. La société pourrait aussi attirer d'autres compagnies minières. «Nous pourrions être une cible pour des sociétés comme BHP Billiton ou Xstrata, car nous sommes l'une des seules compagnies indépendantes dans le platine. Notre plus grand actionnaire détient environ 6% d'Impala Platinum et notre structure de coûts est saine. Elle est d'ailleurs la plus faible de notre industrie», conclut Bob Gilmour.

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