Odette évoque à loisir une femme, une ode, les Sudètes. Il s'agit pourtant d'une compagnie aérienne, basée à Zurich depuis 2001. Elle fait partie de ces petites sociétés qui ne possèdent qu'un ou deux avions et desservent, semble-t-il avec succès, quelques destinations de niche. Odette relie deux fois par jour Zurich à Pristina dans les Balkans en charter, et occasionnellement des villes comme Skopje. Peu connue du public, elle risque bien de l'être davantage prochainement. Elle travaille à un nouveau concept et espère grandir.

«Au début, dès l'horaire d'hiver, nous aimerions proposer cinq destinations depuis Zurich, pour monter ensuite, si les premières tentatives sont concluantes, à une bonne vingtaine en Europe», explique Thomas Frischknecht, responsable commercial d'Odette, confirmant une information parue dans le journal Travel Inside. La veille, Moritz Suter annonçait qu'il désirait reprendre la ligne laissée vacante par Swiss entre Genève et Lugano.

Contrairement au fondateur de Crossair qui recherche encore une partie du financement, Odette dispose déjà des moyens de ses ambitions. Mais Thomas Frischknecht se refuse à en dire davantage sur les investisseurs et les montants en jeu. On sait seulement que la compagnie low cost Germania Express, qui a acquis une part minoritaire d'Odette, va apporter une contribution.

L'objectif n'est pas modeste. La compagnie devrait acheter au fur et à mesure dix avions Fokker de 100 sièges – elle ne possède qu'un MD 83 pour l'instant – et espère lancer ses premières nouvelles offres dès le 26 octobre. Tous les calculs n'ont pas encore été faits, ni le choix des destinations définitivement établi. Mais il ne s'agirait pas seulement de reprendre des lignes abandonnées par Swiss.

Odette, qui profitera de sa mue pour changer de nom, adoptera le système de tarification unique, cher à Germania Express. Au-delà d'une certaine distance, tous les vols devraient coûter 148 euros, en deçà 99 euros. La compagnie prévoit de communiquer davantage fin août.

Une autre petite compagnie low cost récente a fait parler d'elle en juin. Il s'agit d'Intersky, qui opère depuis Berne, avec deux avions de 50 places. Le 30 juin, elle a repris la ligne Berne-Paris, délaissée par Swiss depuis quelques mois. Pourtant, sa fondatrice Renate Moser ne veut pas se jeter à corps perdu dans la brèche ouverte par la compagnie nationale. «Nous occupons un marché de niche, peu soumis à la concurrence. Ce serait une erreur d'en sortir et de grandir trop vite.»