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OneCommunity ambitionne à terme de se développer sur les quatre piliers de la banque de détail: prêts, emprunts, transferts et paiements.
© OneCommunity

Fintech

Une plateforme veut court-circuiter les prêts bancaires

OneCommunity met en lien déposants et emprunteurs à travers sa plateforme numérique. Ses fondateurs promettent de se contenter de jouer les intermédiaires mais promettent de faire mieux que les banques traditionnelles

«On nous a vendu de l’air avec Twint», assène d’entrée de jeu Frédéric Chatelin. L’application de paiement pour smartphone est couplée au compte bancaire de ses utilisateurs et s’utilise comme une carte de crédit. Or, pour le fondateur de la plateforme OneCommunity, c’est justement du système bancaire traditionnel que les nouvelles technologies devraient nous affranchir.

Lancée fin février, la première version de l’application OneCommunity permet aux entreprises d’emprunter et d’investir. Ses fondateurs revendiquent quelque 1,75 million de dollars de transactions en dix jours, et des prises de contact pour des emprunts allant de «quelques milliers de francs à des dizaines de millions». Principalement en provenance du négoce de matières premières et de sociétés d’affacturage (avancement de créances), mais la plateforme est ouverte à tous les secteurs.

«Matcher» les emprunteurs avec les déposants

Disponible en ligne via une rapide inscription, l’application met en relation déposants et emprunteurs, en «matchant» les excès de liquidités des uns avec les besoins de financement des autres. OneCommunity ne se rémunère que sur le différentiel des taux d’intérêt, «une fois que le prêt a été remboursé», insiste Frédéric Chatelin. La technologie a été développée par l’équipe technique de la start-up.

Avec sa structure légère, la start-up (21 employés; 11 à Genève, 10 à Lisbonne) revendique une meilleure attractivité que les banques traditionnelles. Illustration avec ce prêt libellé en dollars choisi au hasard. L’investisseur, qui a la possibilité de financer différents projets listés dans l’application, se voit proposer un taux d’intérêt de 2,25% sur trente jours. Et la banque classique? «Autour de 2%», réfléchit Frédéric Chatelin, avant de préciser que les taux varient en fonction de la durée du prêt, du cours des monnaies et de la cote de crédit des entreprises.

OneCommunity s’est associée à ModeFinance, pour déterminer la cote de crédit des sociétés, ainsi qu’au Bureau van Dijk, en mains de Moody’s Analytics, pour évaluer en temps réel la solvabilité des entreprises à travers le système classique de cotation. La start-up compte par ailleurs deux compliance officers et revendique l’application des normes dites FinTech, adoptées en août 2017 par les régulateurs suisses, ainsi que celles contre le blanchiment d’argent (AML).

L’équipe de OneCommunity veut se montrer rassurante puisqu’elle évolue dans le secteur du crédit informel. L’activité présente selon ses cofondateurs «un niveau de risques limité» étant donné que la plateforme se contente de mettre en relation ses clients, sans «spéculer» sur leurs dépôts. Et en cas de défaut de l’emprunteur? La start-up réfléchit à plusieurs pistes: la création d’un fonds d’indemnisation ou la possibilité de contracter une assurance sur certains emprunts.

Banquiers privés au conseil d’administration

La banque genevoise Mourgue d'Algue est entrée dans le capital de la start-up il y a cinq mois. «OneCommunity ne prend des revenus que lorsque les investisseurs sont remboursés. C’est compatible avec l’approche conservatrice des banquiers privés», justifie son directeur, Fabian Eichmuller, qui y voit une «diversification des expériences» pour cette banque fondée en 1869 et toujours en mains de la famille Mourgue d'Algue.

OneCommunity vient de lancer son troisième tour de financement pour 10 millions de francs. La plateforme ambitionne, à terme, de se développer sur les quatre piliers de la banque de détail – dépôt, emprunt, paiement et transfert – et d’étendre le modèle aux individus. «Il y a encore 80% des gens qui sont sous-bancarisés dans le monde», explique Frédéric Chatelin, avant de préciser qu’il entend ni plus ni moins «disrupter» le secteur bancaire.

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