Economie

Une première pour des études académiques

En Suisse, la validation des acquis vient de la formation professionnelle.

Les candidats sans maturité seront admis sur la base des compétences acquises dans le cadre de leur profession, de leurs formations antérieures ou de leur vie associative, ce qui leur permettra de «sauter» des cours pour entrer directement en troisième année. Cette procédure existe déjà dans le cadre de la formation professionnelle, mais n'a encore jamais été appliquée à l'université. On aborde là le point le plus délicat de l'initiative genevoise: comment procéder pour que l'évaluation soit crédible? «C'est un travail très sérieux, long et minutieux», reconnaît le président de HEC, Bernard Morard. Le défi, c'est de débusquer les connaissances théoriques d'un professionnel derrière ses savoirs pratiques. «Il n'est pas question d'attirer des candidats qui auraient échoué ailleurs. Ils doivent arriver avec un véritable bagage de savoirs», commente Jean-Philippe Fages, spécialiste de la validation des acquis auprès de l'Université de Savoie et conseiller en la matière auprès de HEC.

Certes, l'Université de Genève accepte depuis une trentaine d'années les «sans matu» dans le cursus normal c'est-à-dire en première année, pour autant qu'ils soient âgés de plus de 25 ans et qu'ils bénéficient de deux ans d'expérience professionnelle. Dans le cas de la licence en emploi, les postulants passeront au crible de la procédure de validation des acquis d'expérience (VAE), une procédure qui existe depuis une vingtaine d'années en France au niveau universitaire, et qui est très sélective: ils doivent préparer un dossier comprenant leur curriculum vitae, une lettre de motivation circonstanciée, des attestations valables des formations suivies. Ensuite, les candidats retenus passent un «oral» sous forme d'entretien avec un jury composé de deux professionnels et quatre académiciens: «Idéalement, nous souhaitons créer une volée d'une trentaine d'étudiants», espère Bernard Morard. Ils seront admis s'ils remplissent au minimum quatre critères: posséder trois ans d'expérience professionnelle, bien que «dans la réalité ce soit plutôt cinq ans», avoir occupé un poste hiérarchique dans une entreprise, parler couramment une seconde langue et maîtriser les outils bureautiques.

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