Le lancement d’un nouveau modèle d’affaires par Publicitas intervient au pire moment. Car la récession qui frappe la Suisse est la plus sévère que la branche des médias ait connue depuis au moins trente ans.

A n’en pas douter, les dirigeants de PubliGroupe ont trop tardé à agir. Ils doivent aujour­d’hui opérer une révolution sous la pression des événements. Comme le rachat surprise d’Edipresse par Tamedia et les défections possibles de la «NZZ» et de la «Mittelland Zeitung».

PubliGroupe est victime de sa trop grande force d’inertie. Le bouillon financier qu’il avait essuyé avec des investissements malheureux au temps de la bulle internet ne l’a pas suffisamment secoué pour qu’il se remette fondamentalement en cause.

Reste que la messe n’est pas dite. Les éditeurs jouent aussi leur peau, selon Hans-Peter Rohner, et ils devront investir beaucoup pour se substituer à Publicitas, présent jusque dans les plus petits recoins du pays. En vendant ses services «à la carte», peut-être la régie redeviendra-t-elle très rentable.

Les actionnaires ne manqueraient pas d’applaudir. PubliGroupe ne vaut plus que 117 millions de francs en bourse, le dixième de ses actifs inscrits au bilan.