Richemont dépasse les attentes. Le groupe de luxe genevois a présenté vendredi les résultats semestriels de son exercice décalé, d’avril à fin septembre. Ils font état d’un chiffre d’affaires de 8,9 milliards d’euros (9,4 milliards de francs), en hausse de 24% à taux de change constant par rapport à la même période de 2019, année de référence pré-covid. Le résultat opérationnel s’établit à 1,95 milliard d’euros et le bénéfice net à 1,29 milliard d’euros. Ces résultats sont supérieurs aux prévisions des analystes du consensus AWP, qui pronostiquait un chiffre d’affaires de 8,67 milliards d’euros.

Un environnement toujours volatil

Dans son message publié avec le communiqué, le milliardaire sud-africain Johann Rupert, président et actionnaire majoritaire de Richemont, indique que «ces excellents résultats» ont été réalisés «dans un environnement qui s’améliore, grâce à l’essor de la vaccination, mais qui reste volatil». Il ajoute qu’ils «démontrent la force de notre modèle d’affaires et les vertus de la patience dans les stratégies d’investissement».

Par secteurs d’activité, la joaillerie reste sans surprise le fer de lance du groupe, avec des ventes qui totalisent 5,1 milliards d’euros (+41% sur deux ans, taux de change constant). La division horlogère suit avec un chiffre d’affaires de 1,67 milliard (+10%). Les distributeurs en ligne voient aussi leurs ventes progresser à 1,28 milliard de francs (+11%), tout comme celles du segment «autres» (+3%), qui regroupe notamment la mode et les accessoires.

En termes de marchés, par rapport à 2020, l’Asie reste en tête des ventes à 3,8 milliards d’euros (+47%, taux de change constant), suivi par l’Europe (2 milliards, +62%) et le continent américain (1,9 milliard, +123%), le Moyen-Orient (657 millions, +62%) et le Japon (526 millions, +56%).

«Une croissance spectaculaire»

Vendredi matin, les analystes ont salué la performance de Richemont. La banque zurichoise Vontobel parle d’une «croissance spectaculaire». Elle précise que le groupe «est mieux positionné dans la joaillerie et doit retrouver son éclat dans l’horlogerie». Le cabinet Bernstein souligne lui aussi une solide performance et relève que «les détaillants en ligne continuent de produire des pertes d’exploitations importantes» (-141 millions d'euros).

Le groupe commentera ces résultats lors d’une conférence téléphonique vendredi à 8h. L’attention devrait notamment se focaliser sur l’entrée au capital du groupe du fonds activiste américain Third Point, révélée dimanche par le média en ligne français Miss Tweed, qui pourrait pousser Richemont à revoir sa stratégie. Mais aussi sur l’avenir de la plateforme numérique Yoox Net-à-Porter (YNAP), évoqué par Johann Rupert lors de la dernière assemblée générale de Richemont en septembre.

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