FINANCE

Une société se spécialise dans l'outsourcing de la recherche

Un modèle d'affaire unique en Suisse: trois analystes vendent leurs analyses financières et leurs propositions d'allocations d'actifs aux banques et aux institutionnels.

L'entreprise d'analyse financière et recherche zurichoise R & A Group joue la carte de l'indépendance, de l'expérience, de la flexibilité et du prix. Un modèle d'affaire qui se porte bien, selon, Renato Ferrari, associé depuis mai dernier et qui durant 7 ans fut directeur du département institutionnel de Lombard Odier Darier Hentsch, après avoir été analyste auprès de Julius Bär. Il rejoint deux de ses anciens collègues de la Banque Bär, Otto Waser et Henry Looser, l'un après l'autre chef de l'analyse de la banque dans les années 1990, avant de créer R & A Group en 2001.

Ces trois analystes expérimentés gèrent une société qui n'a pas son pareil en Suisse et qui surfe sur le besoin d'outsourcing.

Entre 5 et 20% du coût d'un service d'analyse

Entièrement voué à l'analyse de sociétés, le fruit de leur travail est ensuite destiné aux gérants de fortune indépendants, institutionnels et aux banques de taille moyenne ou petite. Le nom de R & A n'apparaîtra jamais auprès du client final, au contraire de celui de la banque ou du gérant. «Le coût des services des trois analystes chevronnés de R & A est nettement inférieur au maintien d'une équipe d'analystes propre», selon Renato Ferrari. R & A estime que son prix représente 5 à 20% d'une solution interne à la banque.

Le rapport qualité/prix est également supérieur dans la mesure où la structure choisie est nettement plus légère que celle d'une grande banque, selon Renato Ferrari. Qu'il s'agisse de traiter un thème comme la fin ou non de l'ère des liquidités abondantes, ou d'offrir une stratégie de placement, R & A se veut compétitif. Le concept d'investissement défend l'approche traditionnelle, avec des investissements de base (actions, obligations) et des produits satellites qui permettent d'approcher des thèmes particuliers ou des secteurs différents (matières premières, marchés émergents, private equity). La stratégie de placement, l'allocation des actifs et la sélection des actions et la gestion de valeurs sont considérées comme les points forts de R & A Group. Ils forment autant de modules que le client achètera, tout ou en partie et aussi en diverses langues.

A la quête de titres sous-évalués d'au moins 15%

La recherche en actions est à la quête de titres qui ont un potentiel d'au moins 15% sur les principales Bourses internationales et suisse. L'accent est nettement placé sur les sociétés ayant un avantage compétitif, une position de leader mondial avec une forte capacité financière. Des actions comme Roche, Nobel Biocare, BHP Billiton, Glaxo, Zurich, SGS, Nokia, ASML en font partie. R & A Group a également développé un indice de capacité financière des entreprises. Ce modèle international assure un rendement supérieur aux indices, ainsi que les quatre dernières années le démontrent. La surperformance atteint 13% sur 4 ans par rapport à l'indice MSCI Monde. Et sur les actions suisses, l'excès de rendement atteint 45% par rapport à l'indice SPI en un peu plus de trois ans.

Préparation d'un fonds de placement original

La société ne se contentera pas d'offrir sa recherche. En janvier 2007, elle entend lancer un fonds de placement en actions internationales, en partenariat avec la Banque Vontobel et de droit liechtensteinois. Il aura la triple particularité de viser un rendement en termes absolus, d'équipondérer les positions - chaque société aura le même pourcentage dans le portefeuille - et d'investir dans les leaders mondiaux de leur secteur.

Le Temps demande à Otto Waser, responsable de la stratégie de placement et de l'allocation d'actifs de répondre à trois questions d'actualité. Otto Waser a été directeur de la recherche, chef stratégiste puis Chief Investment Officer (CIO) de Julius Bär entre 1993 et 2000, puis CIO de PBS Privat Bank Schweiz de 2000 à 2001:

Le Temps: Est-ce que vous vous attendez à une correction en septembre ou octobre? Otto Waser: Août et septembre sont statistiquement les mois boursiers les plus faibles, alors qu'octobre, novembre et décembre offrent en moyenne les meilleurs rendements. Mais ces statistiques ne permettent pas d'effectuer des prévisions de qualité. D'ailleurs septembre 2005 a été très bon (+5,9%). Celui qui s'est limité aux statistiques et a vendu les actions n'a pas participé à la hausse. Nous considérons l'environnement actuel comme raisonnable et restons investis. Si rien de complètement inattendu n'intervient, la Bourse devrait légèrement progresser d'ici à la fin de l'année.

- Comment peut-on profiter du ralentissement américain que tout le monde anticipe?

- L'affaiblissement de la croissance américaine, depuis ce printemps, est arrivé au bon moment. Il a permis une détente des taux d'intérêt, ce qui a permis aux Bourses de se reprendre fortement après la correction de mai. Comme le besoin de relever les taux aux Etats-Unis a disparu, l'environnement monétaire est favorable aux actions, même si la BCE pourrait encore accroître ses taux. Ainsi la Bourse suisse profite indirectement de l'affaiblissement de l'économie américaine. Les obligations aussi sont devenues plus attractives.

- Quels secteurs privilégiez-vous en Bourse?

- Les valeurs financières et les secteurs défensifs (par exemple la santé) profitent le mieux de cet environnement. Notre sélection s'effectue essentiellement par le bas («bottom-up») et nous trouvons aussi des titres cycliques intéressants, par exemple dans des domaines dont le cycle n'évolue pas en parallèle avec la conjoncture globale. Je pense à divers segments de la technologie.

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