Le refus catégorique par les grévistes du projet négocié ce week-end par le syndicat Unia et les autorités faîtières de Swissmetal a entraîné, lundi à Reconvilier, un sentiment d'impasse. Les employés ont rejeté ce plan, car il ne satisfait pas leur revendication première: le renvoi du directeur général Martin Hellweg.

Pour sortir de l'impasse, direction de Swissmetal et syndicat demandent la médiation du gouvernement bernois. Interrogé à la Radio romande, le président de la Confédération et ministre de l'Economie, Joseph Deiss, a appelé les partenaires à retourner à la table du dialogue. La Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP), sans prendre position dans l'affaire, demande au président du conseil d'administration, François Carrard, de considérer «la détérioration du climat non seulement chez Swissmetal Boillat, mais dans toute la région». L'association faîtière de la branche des machines Swissmem a de son côté demandé aux employés du Jura bernois de mettre un terme à leur grève «illégale».

Les employés de l'autre usine de Swissmetal, à Dornach, ont décidé de ne pas concrétiser leur projet de débrayage d'une heure, mardi, en solidarité avec leurs «collègues» de Reconvilier. A qui ils reprochent implicitement d'être prêts à aller jusqu'au dépôt de bilan, qui engloutirait aussi l'usine soleuroise. Le blocage paraît total. Il se murmurait pourtant, lundi soir, qu'une issue pourrait être trouvée mardi. Hier soir au Téléjournal, le syndicat Unia a d'ailleurs annoncé avoir un mandat de la part des commissions du personnel et d'entreprise pour entamer de nouvelles négociations.