Véhicule

Une start-up lausannoise séduit les constructeurs automobiles

La fibre optique développée par L.E.S.S permet de réduire la consommation énergétique des phares d’environ 30%. La start-up prévoit de créer une usine dans la région lémanique pour répondre à la demande

Au salon international de l’automobile de Genève, Mercedes-AMG a dévoilé en début de semaine la nouvelle GT Concept, un grand «coupé quatre portes» dont le système de phare inédit est baptisé «nano active fibre technology». La start-up lausannoise L.E.S.S semblerait être à l’origine de la technologie intégrée dans les phares de ce nouveau modèle, même si Yann Tissot, son directeur et cofondateur – avec Simon Rivier – ne confirme pas la nouvelle.

«Notre technologie est bel et bien présente dans un modèle présenté au salon international de Genève mais je ne peux pas vous dire lequel. En revanche, je peux vous affirmer que l’on travaille avec quatre constructeurs automobiles», dit-il.

La start-up, située sur le Parc de l’innovation de l’EPFL à Ecublens (VD), développe des fibres optiques nano actives permettant de générer un nouveau type de lumière, une alternative aux LED, convoité par le secteur de l’inspection industrielle mais aussi le secteur automobile. La technologie permet de remplacer une centaine de LED par une seule fibre nano active qui génère et distribue de la lumière blanche de manière intense et directionnelle.

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Se profiler vers les voitures autonomes

L.E.S.S, qui s’est classée en 2016 au premier rang du Top 100 des start-up, a développé un procédé qui potentiellement réduit la consommation énergétique des phares d’environ 30% et leur poids d’un facteur deux, selon Yann Tissot. «La flexibilité de la fibre optique permet de réaliser des designs de phares de jour quasi illimités qui participent à la signature d’un véhicule. Notre technologie s’adapte aussi bien aux clignotants, aux freins qu’aux phares de jour, tout en remplissant les réglementations automobiles», précise le directeur de la jeune pousse qui compte doubler ses effectifs d’ici à la fin de l’année. L’équipe devrait passer de 12 à 24 personnes, dans la recherche et développement, la vente et la production.

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La start-up, qui a levé 3 millions de francs il y a deux ans, planifie actuellement un nouveau tour de financement plus important qui sera clôturé avant la fin de l’année. Les fonds récoltés permettront de mettre sur pied une usine capable de produire, à terme, des centaines de milliers de pièces.

«Les cycles de développement dans l’automobile sont lents, mais denses et stricts. D’ici cinq ans, notre technologie pourrait se retrouver sur des voitures de série. Si tout se passe comme prévu, nous devrions créer 150 emplois et participer à la réindustrialisation de la région», prévoit Yann Tissot, qui espère également se profiler dans l’éclairage des voitures autonomes. «Ces véhicules n’auront plus besoin de phare de projection mais auront toujours besoin d’être vus. Il y aura une demande croissante en phares distribués intégrant notre technologie.»

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