Automobile

Une start-up vaudoise séduit la Chine

Une délégation chinoise a découvert lundi les bornes de recharge pour véhicules électriques de Green Motion. Un contrat a été signé en avril portant sur plusieurs dizaines de millions de francs

Une délégation chinoise a rendu officiellement visite lundi à Green Motion sur le site de l’EPFL ainsi qu’à l’horloger Jaeger-LeCoultre à la Vallée de Joux qui possède des bornes de recharge de la start-up vaudoise. Jun Han, le maire de la ville de Xuancheng, située dans la province de Anhui (à l’ouest de Shanghai), était accompagné de différents représentants politiques. Yingsong Xia, directeur général d’Anhui Zhongding, une multinationale qui réalise un chiffre d’affaires de quelque 1,74 milliard de francs et compte 14 000 employés, était également présent. Son entreprise a investi plusieurs millions de francs dans la technologie de la start-up Green Motion qui conçoit et fabrique des systèmes de recharge pour véhicules électriques.

L’accord de licence entre l’entreprise de Bussigny (VD) et le géant industriel chinois, actif dans la sous-traitance automobile, a été signé en avril. Cette transaction dont le montant n’a pas été dévoilé, a permis à Green Motion d’investir plusieurs dizaines de millions de francs dans son réseau de recharge en Suisse. L’accord conclu avec Anhui Zhongding ne permettra toutefois pas d’obtenir des royautés sur les ventes quel que soit le nombre de bornes installées en Chine.

Selon Philippe Leyvrat, conseiller en liaison industrielle à l’EPFL: «Il s’agit d’un contrat extrêmement intelligent. Le potentiel est énorme d’ici trois à quatre ans.» «Nous avions besoin d’argent rapidement pour déployer nos bornes et verrouiller le marché suisse, explique François Randin, co-fondateur de Green Motion, qui n’avait jusqu’à lundi, jamais rencontré le directeur général de Anhui Zhongding. Toutes les négociations ont eu lieu avec leur filiale allemande.»

Grâce aux fonds obtenus, Green Motion, qui garde le contrôle de l’entreprise, va pouvoir déployer dans toute la Suisse 1600 points de recharge publics d’ici 2019, dont 400 d’ici la fin de l’année. Ce réseau dont le déploiement sera confié à cablex (filiale de Swisscom) sera baptisé «evpass».

Depuis 2010, Green Motion a déjà installé 752 bornes auprès de clients privés (l’installation se chiffre à environ 2000 francs) mais également auprès d’entreprises telles Nestlé, Reuters, Swiss Re ou différents fabricants horlogers. «Nous nous attendons à une conversion du parc automobile à 4-5% en faveur de l’électrique d’ici 2020. Actuellement, le manque de bornes constitue un frein majeur», dit François Randin qui prévoit d’augmenter ses effectifs de douze à vingt personnes. Autre frein: l’autonomie des voitures électriques qui est encore limitée en moyenne à 200 kilomètres (500 kilomètres pour une Tesla). «Par contre, la technologie est concurrentielle. Il faut compter 8 à 10 francs pour effectuer 100 kilomètres, ce qui correspond au prix d’une voiture à essence qui parcourrait la même distance», précise François Randin.

De son côté, la Chine souhaite d’ici 2020 mettre en place un réseau capable d’alimenter 5 millions de voitures électriques, ce qui correspond à 5 à 10 millions de bornes. La start-up romande livrera sa technologie ces dix-huit prochains mois dans la Province d’Anhui.

«Green Motion est en mesure de construire une relation à long terme avec Anhui Zhongding. Je pense que, dans une ville comme Shanghai, il y aura bientôt plus de voitures électriques que de voitures à essence», estime Philippe Leyvrat. La Chine est en effet très volontariste sur le développement des voitures électriques avec des facilités offertes aux automobilistes qui choisissent de rouler de la sorte. Quant à Green Motion, l’accord pourrait être répliqué à d’autres pays. Lorsque la technologie évoluera, d’autres licences pourraient également être renégociées.

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