Une tâche historique attend le Groupe des Sept- Face à la crise, que faire? Les Etats doivent éviter deux solutions, ne rien faire ou échanger les dettes des banques contre des actifs. Pour le reste, il faut une action importante du G7 ces prochains jours, selon Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times. Une baisse des taux d'intérêt de 1% est nécessaire à court terme. Une garantie de l'Etat à titre temporaire pour les engagements des banques européennes est préférable à une garantie totale, car les Etats ne peuvent l'assurer. Une recapitalisation des instituts financiers est à effectuer dès l'apparition des signes de pertes, y compris dans certains cas, avec l'injection de fonds publics. La plus grande question est de savoir si les Etats peuvent se permettre pareil investissement. Nous sommes en effet passés du «too big to fail» (trop grand pour sombrer) à «too big to save» (trop grand pour être sauvé). Les actifs des cinq grandes banques britanniques représentent 4 fois le PIB. S'il fallait recapitaliser à hauteur de 5% des actifs, cela coûterait l'équivalent de 20% du PIB.

Très bon état des finances sauf dans quatre cantons- Les cantons peuvent trinquer à l'excellente santé des finances publiques, selon le dossier de Bilan, établi en coopération avec l'IDHEAP, à Lausanne. Il n'y a plus que quatre cantons (Jura, Tessin, Obwald et Appenzell RI) et trois villes (Fribourg, Delémont et Berne) qui n'arrivent pas à équilibrer leur ménage courant. Les Rhodes Intérieures, le Jura, le Tessin et les Grisons sont aussi les seuls où la marge d'autofinancement ne suffit pas pour payer l'intégralité des investissements. Au classement, Zurich arrive en tête devant Glaris. Genève est huitième, le Jura 11e, Neuchâtel 16e, Vaud 17e et le Valais 25e. Grâce à des comptes à nouveau équilibrés, presque toutes les collectivités en profitent pour réduire la dette.

Un plan d'aide et non pas une nationalisation- Certains ont compris le programme d'injections de capitaux publics britannique comme un plan de nationalisation, mais il est faux de le juger avec des lunettes socialistes, selon l'éditorial du Wall Street Journal. C'est une injection temporaire de fonds qui assure au contribuable une participation à la hausse ultérieure de ces actions. C'est en tout cas préférable à l'attitude du ministre allemand des Finances, Steinbrück, qui encore récemment considérait la crise comme purement américaine. L'appel de Gordon Brown à une coopération accrue est plus utile. Les banques ont besoins d'un capital qu'actuellement les privés ne peuvent fournir. Le plan britannique pourrait d'ailleurs servir de précédent constructif pour l'Europe. De ce point de vue, la baisse coordonnée des taux d'intérêt permettra de rétablir la confiance auprès du public. Elle montre que chacun n'agit pas seul dans son coin.