La section genevoise du syndicat Unia vient de perdre la dernière convention collective cantonale qui la liait spécifiquement à Migros. Cette dénonciation a donné lieu au dialogue de sourds désormais habituel entre le syndicat et le distributeur.

Dans un communiqué intitulé «Non au chantage des patrons du commerce de détail» publié mardi sur son site internet, Unia affirme que Migros «prive de protection plus de 3000 travailleurs et met un terme au droit de contrôle syndical».

«Totalement faux», s'insurge la porte-parole de Migros Genève, Isabelle Vidon. La convention qui liait le géant orange à Unia a bien été dénoncée, reconnaît-elle, mais son contenu a été «intégralement repris» par la commission du personnel.

«Clause muselière»

Ces dispositions particulières prévoient par exemple une prime de 25% sur les horaires du soir (entre 20h et 23h), une participation de 60 francs par mois à l'assurance maladie collective ou encore les salaires minimum d'engagement des apprentis. «Nous garantissons totalement ces avantages, qui sont repris dans nos conditions d'engagement», assure Jean-Charles Bruttomesso, responsable des ressources humaines de Migros Genève.

Si elle ne concerne pas directement le personnel, cette dénonciation touche sévèrement Unia, qui perd son dernier lien direct avec le géant orange. Pour rappel, les syndicats indépendants s'étaient retirés de la nouvelle convention collective nationale de Migros en 2006, explique Anne Rubin, porte-parole d'Unia. Selon elle, ceux-ci refusaient de se soumettre à une «clause muselière» qui leur aurait interdit toute prise de positions publique concernant Migros.

Avec la fin de cet accord, Unia perd la dernière convention qui lui autorisait encore un droit de visite syndical dans les locaux du distributeur.

Cette convention cantonale particulière qui s'appliquait à Migros datait des années 1950. Depuis, deux autres conventions sont venues s'y superposer, au niveau cantonal avec une convention de branche sur la distribution et une autre au niveau national.

Vidé de substance

Toujours selon Migros, l'application de ces trois conventions n'était plus praticable, d'autant que selon Jean-Charles Bruttomesso, la convention cadre cantonale genevoise, instaurée en 2002, avait vidé une partie de la substance de l'accord particulier entre Unia et Migros Genève.