L’action d’UniCredit a progressé mardi de 9%, clôturant à 2,81 euros en fin de journée à la bourse de Milan. C’est la moitié moins par rapport au début de l’année, mais c’est ainsi que le marché a salué le plan d’assainissement présenté dans la journée par son directeur français Jean-Pierre Mustier. Concrètement, la banque entend approfondir sa restructuration en réduisant ses effectifs de 14 000 équivalents temps plein d’ici à 2019, soit 6500 de plus que prévus précédemment. Cette mesure représente une économie de 1,7 milliard d’euros par an.

A la fin septembre, la banque comptait 123 000 salariés qui étaient affectés dans 6600 agences. Environ 950 branches étrangères seront fermées. Sur un autre registre, UniCredit renforcera son capital et espère lever 13 milliards d’euros au premier trimestre 2017. A ce jour, les investisseurs se sont montrés réticents à son projet de recapitalisation.

Le plan d’assainissement était attendu. Cet établissement, le premier d’Italie, représente un risque systémique non seulement pour l’industrie bancaire transalpine, mais également pour la zone euro. A elle seule, elle comptabilise 17,7 milliards d’euros de créances douteuses sur un total de 360 milliards pour les banques italiennes, soit un tiers de la zone euro. En juillet dernier, la Banque centrale européenne (BCE) l’avait déjà identifié comme l’une des banques parmi les moins performantes et lui avait ordonné de nettoyer son bilan.

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«Il est évident qu’UniCredit ne dégagera pas de marges dans un premier temps, explique un analyste cité par l’agence Bloomberg. Dès lors, il est normal que le plan de restructuration s’appuie largement sur la réduction des coûts.» La banque entend toutefois aussi lever des fonds en se séparant de certains de ses actifs. Notamment le fonds Pioneer Investment ainsi que sa participation dans la banque polonaise Pekao. Dans son exposé mardi, Jean-Pierre Mustier a affirmé qu’il mettait fin à la politique d’acquisitions tous azimuts du groupe, qui était devenue une stratégie courante ces dernières années.

Aide directe de l’Etat

Le plan «Transform 2019» intervient dans un contexte d’instabilité politique en Italie suite à la démission du chef du gouvernement Matteo Renzi la semaine passée, C’était après son échec au référendum sur les réformes constitutionnelles. Selon des analystes, la nomination rapide de son successeur, Paolo Gentiloni, a créé un contexte favorable à même de rassurer les investisseurs.

Les regards sont aussi tournés vers la Banco Monte dei Piaschi, la troisième banque italienne, qui se trouve également dans une situation délicate et qui a désespérément besoin de nouveaux capitaux d’ici à la fin de l’année. A cet égard, le premier ministre nommé n’a pas exclu que l’Etat agisse et aide directement l’établissement. «Nous sommes prêts à intervenir pour garantir la stabilité des institutions bancaires», a-t-il déclaré devant la chambre des députés où un vote de confiance devait avoir lieu mardi soir.