Les enchères ont porté leurs fruits. Alors que les analystes chiffraient les biscuits Entenmann's et les «muffins» Thomas'English à 1,5 milliard de dollars en moyenne (environ 2,5 milliards de francs), ils ont finalement rapporté 1,765 milliard à leur propriétaire, Unilever. Autre surprise: le challenger – Sara Lee – ne l'a pas emporté. C'est un «outsider» qui a misé le plus, le canadien George Weston.

Entenmann's et Thomas'English, deux marques bien connues outre-Atlantique, faisaient partie de Bestfoods, l'un des géants américains de l'agro-alimentaire racheté en juin dernier pour 24,3 milliards de dollars par l'anglo-néerlandais Unilever. Mais, désireuse de se concentrer sur d'autres marques et produits, la multinationale, devenue numéro un mondial de l'alimentaire, avait décidé que la boulangerie industrielle ne constituait plus une activité stratégique. Elle avait donc organisé sa mise en vente. En juillet, elle cédait d'abord sa branche européenne à un autre néerlandais, CSM, pour 700 millions d'euros (1,07 milliard de francs).

Abaissement des dettes

Les enchères américaines ont été confiées à la banque d'affaires Goldman Sachs. Cette vente est considérée par les analystes néerlandais comme «une bonne affaire pour Unilever». Le montant de la transaction sera intégralement utilisé pour réduire les dettes du groupe, qui atteignaient début février 27 milliards d'euros, précise-t-on au siège de Rotterdam.

Est-ce à dire qu'Unilever va céder d'autres pans de ses activités pour continuer à diminuer le niveau de son endettement? «Nous ne raisonnons pas ainsi. A nos yeux, les acquisitions et les désinvestissements sont partie intégrale de la vie d'une multinationale comme la nôtre», indique Tom Gordijn, porte-parole d'Unilever. Le groupe a lancé un ambitieux programme de restructuration, passant par la réduction des deux tiers du nombre de ses marques. L'an dernier, Unilever a enregistré une baisse de 58% de son bénéfice, à 1,2 milliard d'euros.

Pour Weston, l'acquisition de Bestfoods Baking Company constitue un pas de géant, puisqu'elle double sa présence aux Etats-Unis, avec un chiffre d'affaires d'environ 2,7 milliards de dollars. En outre, le groupe canadien, qui contrôle également la première chaîne de supermarchés dans son pays, acquiert une activité rentable: l'an dernier, l'Ebitda de Bestfoods Baking atteignait 203 millions de dollars.