L'assureur italien Unipol a défié lundi le groupe bancaire espagnol BBVA pour la conquête de Banca Nazionale del Lavoro (BNL) en annonçant le lancement d'une contre-offre sur la sixième banque italienne. Unipol complique sérieusement la tâche de l'espagnole Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA) mais devra encore surmonter une série d'obstacles réglementaires et juridiques pour l'emporter.

L'assureur italien a dévoilé une contre-offre sur BNL à 2,70 euros par titre, soit un prix supérieur à celui proposé par BBVA. L'espagnol propose une de ses actions contre 5 titres BNL, soit un prix actuel d'environ 2,65 euros. L'offre sera lancée en septembre, sous réserve d'obtention des autorisations nécessaires, et visera 59% du capital, a précisé Unipol.

Leader de la bancassurance

L'assureur s'est en effet normalement déjà assuré le contrôle avec ses partenaires d'environ 41% du capital de sa cible. Il s'est ainsi allié à des banques italiennes et internationales, dont Credit Suisse et la japonaise Nomura. Si son OPA réussit à 100%, il détiendra lui-même directement 73,6% de BNL.

Le quatrième groupe d'assurances italien a justifié cette opération par la volonté de créer «un leader dans la bancassurance en Italie, avec une masse critique significative». Il s'agira en particulier du quatrième groupe financier italien, en termes de revenus, selon le groupe. Pour financer son OPA, l'assureur italien va lancer une augmentation de capital de 2,6 milliards d'euros, soit pratiquement le montant de sa capitalisation boursière.

L'assureur doit se préparer à une riposte juridique de BBVA. Actionnaire à 14,75% de BNL, BBVA a lancé une offre publique d'échange arrivant à échéance vendredi. «Un recours juridique est un risque réel et inévitable», a prévenu récemment le président de BNL, Luigi Abete, qui est soutenu par BBVA.

Cette contre-offre intervient alors qu'une autre bataille fait rage pour le contrôle de Banca Antonveneta. Un groupe d'actionnaires italiens tente de repousser l'offensive du néerlandais ABN Amro.