Les jeunes chercheuses romandes qui envisagent une carrière universitaire et rêvent d'un soutien pour se frayer un chemin dans les méandres académiques ont désormais une porte à laquelle frapper. Le réseau romand de mentoring pour femmes va démarrer. Avec cet objectif: mettre en contact des universitaires en début de carrière avec des femmes professeurs expérimentées qui joueront le rôle de marraine (lire Le Temps Emploi et Formation du 17 novembre 2000). Celles-ci vont transmettre des références, des stratégies, leurs connaissances des règles formelles et informelles qui régissent un parcours professionnel. Chaque «marraine» conseillera sa protégée, lui ouvrira son réseau de contacts et lui offrira un échange centré sur la trajectoire professionnelle.

Pour mieux cadrer la relation, une convention sera signée entre la menta (ou le mentor) et la jeune chercheuse «définissant, par exemple, la fréquence des rencontres et leurs objectifs. Cela permet dès le départ d'entreprendre une démarche réfléchie, de discuter du type de soutien dont on a le plus besoin», explique Helen Füger, la coordinatrice du réseau. La jeune femme peut, par exemple, avoir besoin d'aide pour trouver un poste après son doctorat, publier des articles, postuler pour une bourse, partir à l'étranger, faire une demande de subventions, etc.

Initié par l'Université de Fribourg, le réseau associe les alma mater de Genève, Lausanne, Neuchâtel, ainsi que l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. En ce moment, ses initiatrices sont donc en quête de professeurs, en Suisse ou à l'étranger, prêtes et prêts à s'engager pour aider les novices. L'appel aux futures filleules est également lancé. Les universitaires romandes en passe de finir leur thèse ou celles qui ont mis un point final à leur doctorat il y a peu, ont en effet reçu une lettre leur annonçant la nouvelle: elles peuvent s'inscrire jusqu'au 6 avril prochain pour demander le soutien d'une menta.

Mais seule une vingtaine d'entre elles recevra une réponse positive après examen de leur dossier. Le nombre de jeunes femmes pouvant bénéficier du programme est limité pour des raisons financières et parce que le projet est en phase d'expérimentation. Il fait partie du programme fédéral pour l'égalité des chances dont la mission est de promouvoir les femmes dans les carrières académiques. Une politique volontariste dont elles ont bien besoin puisque les femmes ne représentent toujours que 7% des professeurs. Estimant que cela n'est décidément pas suffisant, la Confédération s'est donnée pour objectif de doubler cette proportion d'ici à 2006. Pour y parvenir, un programme fédéral a été mis sur pied. Il se décline en plusieurs modules, dont l'un, doté d'une enveloppe budgétaire de 4,8 millions de francs, vise à promouvoir divers projets de mentorat.

Le mentoring, d'ailleurs, ne passe pas seulement par une relation en duo. Il peut revêtir d'autres formes et cela explique le second but du projet romand: développer à travers la Suisse romande un vaste réseau de soutien au service des femmes universitaires. Ainsi, des rencontres rassemblant les diverses participantes seront régulièrement organisées, jetant les bases d'un futur lobby féminin. Enfin, le réseau propose aux filleules divers ateliers de formation continue: comment écrire des articles scientifiques en anglais, gérer les conflits, analyser et maîtriser les situations d'entretien, ou, dernier exemple, connaître le Fonds national de la recherche scientifique et ses procédures d'évaluation des demandes et projets.

- site Web: www.unifr.ch/f-mentoring, inscriptions jusqu'au 6 avril 2001, renseignements: f-mentoring@unifr.ch ou evelyne.thommen@unifr.ch