Désormais dans l’ombre de Swisscom, UPC Cablecom étend sa toile en Suisse romande. Le numéro un suisse des téléréseaux, avec ses 1,5 million de clients, a annoncé mercredi à Lausanne avoir achevé le déploiement de son service de vidéo à la demande de ce côté-ci de la Sarine. Après Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds en septembre 2011, puis Yverdon-les-Bains en janvier, ce sont désormais ses réseaux de Fribourg, Montreux, Renens et Vevey qui en sont équipés.

UPC Cablecom le reconnaît volontiers, il est en retard face à Swisscom, qui propose depuis 2006 un service de vidéo à la demande. «Mais nous avons des atouts face à notre concurrent: nous proposons à tous nos clients des chaînes en haute définition, alors que Swisscom ne dessert que 70% de ses utilisateurs avec du contenu en HD. De plus, chez nous, regarder la télévision n’affecte pas la bande passante disponible pour Internet. Et nos débits pour le Net sont nettement plus importants», affirme Koen Ver­wee, responsable du marketing et des produits chez UPC Cablecom.

Au niveau des chiffres, Swisscom gagne des parts de marché. Au premier trimestre, l’opérateur télécom a gagné 47 000 clients pour son service TV, soit un total de 655 000. Dans le même temps, UPC Cablecom a attiré 13 000 nouveaux clients, pour atteindre 1 500 400. «La comparaison et un peu faussée, nous sommes le numéro un historique et nous ne touchons potentiellement que 65% des ménages avec nos téléréseaux», poursuit Koen Verwee.

Avec des films loués jusqu’à 9 francs l’unité – pour une nouveauté en haute définition –, UPC Cablecom souhaite accroître les revenus liés à ses clients ayant fait le saut de l’analogique au numérique. Le câblo-opérateur mise aussi sur les versions originales – dont certaines avec sous-titres en français –, qui constituent pour l’heure moins de 20% de son catalogue. A titre de comparaison, Swisscom n’offre pas encore de films en langue originale. UPC Cablecom propose au total quelque 500 films en français, contre environ le double pour Swisscom.

Exclusivité des matches

Reste un regret de taille pour le câblo-opérateur: ne pas pouvoir proposer de matches, qu’ils soient de football ou de hockey, à la demande. «Nous demandons régulièrement à Teleclub, qui détient les droits exclusifs pour la Suisse, de nous les céder. Nous sommes prêts à négocier en vue d’un accord financier. Mais Teleclub appartient en partie à Swisscom, qui a acquis l’exclusivité des droits. Je ne désespère pas de parvenir un jour à un accord, d’autant qu’il est tout de même surprenant qu’un opérateur contrôlé par la Confédération agisse de la sorte», soupire Koen Verwee.

Alors que le câblo-opérateur est dans l’attente du feu vert politique pour racheter le téléréseau de Genève, il développe son offre. Une vingtaine de chaînes en haute définition seront ajoutées ces prochains jours à plusieurs bouquets. Et une nouvelle interface, baptisée «Horizon», doit être disponible sur les écrans de ses clients d’ici la fin de l’année. Enfin, UPC Cablecom affirme avoir résolu ses soucis techniques, dont le pic avait été atteint en 2009.