C e qui a échoué il y a deux ans va-t-il réussir bientôt? United Pan-Europe Communications (UPC) s'apprête en effet à déposer une offre de reprise de CableCom. Si l'opération aboutissait, elle offrirait à la filiale de l'américain United Global Com (dans lequel on retrouve Microsoft, à hauteur de 7,8%) une entrée royale sur le marché helvétique et accessoirement une session de rattrapage deux ans après une première tentative de pénétrer la Suisse, comme nous l'indiquait Mark Schneider, CEO d'UPC (lire Le Temps du 11 janvier 1999).

Pour l'instant, on reste très discret chez le câblo-opérateur, dont les sièges européens se partagent entre Amsterdam, siège officiel, et Londres. «Nous pouvons confirmer les propos de Charlie Bracken chargé de la stratégie chez UPC, tenus hier au Financial Times. C'est tout. Nous ne maîtrisons pas l'agenda, et nous n'avons aucune idée du prix de vente de CableCom», affirme Matthew Jervois, porte-parole d'UPC.

CableCom est une filiale à parts égales de Swisscom, et des Allemands Veba et Siemens. Avec 1,3 million d'abonnés, CableCom détient 50% du marché. A combien pourrait se monter la transaction, qui pourrait se dérouler à la fin de l'année, et qui intéresserait d'autres géants européens, comme France Telecom? Le Financial Times avance le chiffre – élevé – de 2,6 milliards de dollars, soit 2000 dollars l'abonné. A titre comparatif, UPC a dépensé 1000 dollars par abonné pour de récentes acquisitions en France.

Car l'appétit du groupe est insatiable. Lundi, il annonçait le rachat du Suédois Stjarn TV, pour 400 millions de dollars, et du Hongrois Ujpest, pour dix millions de dollars. Le mois dernier, il devenait le quatrième opérateur français derrière les géants Lyonnais Câble, France Telecom et Numéricable (filiale de Canal +). A ce jour, le câblo-opérateur annonce 5,5 millions d'abonnés en Europe, ce qui le place en seconde position, après Deutsche Telekom. En tout, UPC a dépensé environ 1,5 milliard de dollars en acquisitions depuis son entrée en Bourses d'Amsterdam et de New York en février dernier.

Mais UPC ne compte pas s'arrêter là. Le groupe prépare une émission d'obligations à hauteur de 1,5 milliard de dollars, tout en réfléchissant à une possible émission d'actions à l'automne. «Nous sommes intéressés par d'autres acquisitions à condition qu'elles se fassent à un prix réaliste», indique Mattew Jervois. En outre, UPC investit lourdement dans la modernisation de ses réseaux, notamment pour permettre de vendre «Chello», sa branche d'accès ultra rapide à Internet.