agriculture

Les vaches bientôt connectées

Le système d’Anemon entre en phase industrielle

Plusieurs agriculteurs attendent la commercialisation du système Anemon. La start-up de Saint-Imier a annoncé que son système de détection des chaleurs des vaches, rendu public en 2011, entrait désormais dans sa phase d’industrialisation. «Les tests avec huit exploitations agricoles sont terminés et ont été validés. Nous avons obtenu un taux de détection de 90% sur une cinquantaine de vaches, précise Patrick Tanner, directeur de l’entreprise et enseignant au CEFF Commerce de Tramelan. Nous finalisons les guides d’utilisation et l’interface informatique.»

Une centaine de systèmes seront mis en vente ces prochains mois, suivie d’une deuxième série de 100 pièces. La start-up prévoit de passer par des distributeurs pour commercialiser son produit. Plusieurs contacts sont actuellement en cours. «Nous ne voulons pas monter une force de vente», note Patrick Tanner, qui s’attend à enregistrer un chiffre d’affaires de 200 000 francs en 2013, de 1 million en 2014 et de 5 millions en 2016. Le système, commercialisé au prix de 1500 francs, devrait – selon les indications d’Anemon – être amorti en moins de deux ans. Un troupeau de 30 vaches nécessitera l’acquisition de cinq ou six kits.

Gain de productivité

Développé par des ingénieurs de la Haute Ecole spécialisée bernoise (HESB), le système comprend un capteur intravaginal qui mesure la température de la vache et un détecteur de mouvements intégré dans un boîtier, fixé autour du cou de l’animal. Un transmetteur, intégré au boîtier, envoie un SMS directement à l’éleveur (ainsi qu’à un serveur sécurisé pour suivre les courbes via une interface web) en cas de chaleurs de la vache. Celles-ci sont détectées par une élévation de la température corporelle et une augmentation de l’activité. L’éleveur pourra dès lors mobiliser à temps les inséminateurs.

Le système répond à une problématique bien réelle dans l’élevage des vaches laitières. Celles-ci devraient idéalement avoir un veau chaque année pour être «rentables». Actuellement, les agriculteurs utilisent des podomètres ou observent leur troupeau pour repérer une éventuelle ovulation. «Ces observations prennent beaucoup de temps, explique Patrick Tanner. Un cycle manqué, c’est un manque à gagner annuel de 600 litres de lait ou d’environ 500 francs par vache, à quoi il faut ajouter les heures d’observation et parfois les frais d’insémination inutiles. Généralement, lorsque trois inséminations n’ont pas abouti, l’animal est envoyé à l’abattoir.»

900 000 éleveurs

La petite entreprise du Jura bernois espère convaincre les quelque 900 000 éleveurs à travers l’Europe. Soutenue par la ville de Saint-Imier et la Promotion économique bernoise, la société compte actuellement quatre employés à temps partiel. D’ici à trois ans, elle devrait plus que doubler ses effectifs.

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