Énergie

Le valaisan Alevo produira ses batteries aux Etats-Unis dès août

Souvent comparée à Tesla, la société suisse développe des batteries pour les fabricants d’énergie et les groupes industriels

Le valaisan Alevo produira ses batteries aux Etats-Unis dès août

Innovation Souvent comparée à Tesla, la société suisse développe des batteries pour les fabricants d’énergie et les groupes industriels

Aujourd’hui, qui dit batterie dit souvent Tesla. Le 30 avril, le fabricant de voitures électriques de luxe avait frappé un grand coup marketing en présentant de nouvelles batteries utilisables chez soi. Le but: stocker de l’électricité à domicile, pour en acheter lorsque les tarifs sont bas, ou pour mieux rentabiliser son installation solaire. Dans l’ombre de la société américaine hypermédiatisée, une entreprise suisse, Alevo, tente de se frayer une voie sur un marché comparable.

L’entreprise basée à Martigny développe des batteries pour les fabricants d’énergie et les services industriels. On quitte donc le marché grand public de Tesla pour passer à un marché où les systèmes de batterie sont de la taille d’un container de plusieurs mètres de côté et s’appellent des «GridBanks». «Il n’y a pour l’heure pas de solution satisfaisante pour stocker l’électricité, qu’elle soit d’origine hydraulique ou fossile. Nos batteries ont l’avantage de supporter un nombre quasi infini de charges et de décharges sans perdre de leur efficacité, grâce à une nouvelle technologie», explique Jean-Claude Beney, directeur général d’Alevo, joint mardi. La société compte actuellement une trentaine d’employés en Valais, où elle fabrique l’électrolyte, la substance conductrice qui sera utilisée dans ses futures batteries. «Nous testons certains modèles depuis quatre ans, en les chargeant et déchargeant quatre fois par heure et sommes très satisfaits des résultats», poursuit le responsable.

La suite, ce sera une production qui devra débuter bientôt aux Etats-Unis. «Nous devrions réaliser nos premières batteries en août sur notre site de Concord, en Caroline du Nord. Nous y avons acquis une immense usine, construite par Philipp Morris», affirme Jean-Claude Beney. L’usine de Concord possède une superficie de plus de 230 000 m2, avec un accès direct au réseau ferroviaire. Lorsque l’usine tournera à plein régime, elle pourrait, affirme Alevo, fabriquer des batteries d’une capacité totale de 16,2 GWh par année.

Un milliard de dollars?

Pour l’heure, une soixantaine d’employés sont actifs aux Etats-Unis. Ils pourraient être 350 à la fin de l’année, lorsqu’un container GridBank sera produit par jour, avance la société. Environ 80 personnes travaillent sur un troisième site, à Karlsruhe, en Allemagne, dans la recherche et le développement.

Aux Etats-Unis, plusieurs médias ont fait part d’un investissement d’un milliard de dollars pour le site de Concord. Qu’en est-il? «Je ne peux pas vous donner de chiffre précis, pour des raisons de concurrence. Mais les montants en jeu sont conséquents. Nous sommes activement soutenus par des investisseurs privés dont je ne préfère pas vous révéler l’identité», explique le responsable d’Alevo.

La société visera à ses débuts d’abord les marchés américains et chinois, avant de s’intéresser à l’Europe. «Il est nettement plus facile pour nous d’entrer sur ces deux marchés, car ils sont moins fragmentés et non régulés. Le but est par exemple de travailler avec des fabricants d’électricité issue de centrales au charbon. Nos solutions leur permettront de mieux stocker et distribuer dans le réseau l’électricité produite, ainsi que de diminuer la quantité d’eau nécessaire au refroidissement des centrales. Nous allons aussi commercialiser des outils pour optimiser la gestion des réseaux électriques», poursuit Jean-Claude Beney.

Siège maintenu en Suisse

Alevo devrait à terme conserver son siège en Suisse. «Pour l’électrolyte, mais aussi pour des raisons fiscales, il est intéressant de rester en Valais, estime le responsable. Et vu que notre technologie est brevetée, il est plus sûr pour nous de pouvoir l’exporter depuis la Suisse que depuis d’autres pays, d’où il pourrait y avoir des restrictions à l’exportation.»

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