On ne s’attend pas à trouver de l’or dans cette zone industrielle grise de Balerna, au Tessin, à quelques kilomètres de la frontière italienne et derrière une station-service. C’est pourtant ici que se trouve la raffinerie de Valcambi qui, avec une capacité de traitement de 1600 tonnes d’or par an, serait la plus grande du monde.

Dans le secteur, elle est la firme de l’été: celle qui a été épinglée par Swissaid et Global Witness dans deux rapports en juillet – les ONG la soupçonnent de se fournir auprès d’une firme controversée à Dubaï, Kaloti, qui aurait acquis une partie de son minerai au Soudan où il serait extrait sous le contrôle de milices armées. Celle qui gêne ses concurrents craignant que l’affaire écorne l’image du secteur – la Suisse abrite quatre des neuf principales raffineries du globe (les tessinoises Valcambi, Argor et Pamp et la neuchâteloise Metalor). Celle qui a été publiquement sommée de s’expliquer par l’Association suisse des fabricants et commerçants de métaux précieux, à la suite des rapports des ONG.