Au moins trois à quatre administrateurs étrangers devraient rejoindre le conseil d'administration de Rentenanstalt. C'est du moins ce qu'a indiqué vendredi Andres F. Leuenberger, futur ex-président de l'assureur, dans une interview accordée vendredi au Tages-Anzeiger. Ils devraient remplacer ceux qui démissionneront «pour raison d'âge», a-t-il précisé. On peut également noter que les mandats de Rino Rossi, Gerold Bührer et Georges Muller arrivent à leur terme l'année prochaine. Les décisions ne devraient donc être prises que lorsque se tiendra la prochaine assemblée générale des actionnaires, le 23 mai 2003.

«Il faut maintenant laisser Rolf Dörig en paix pour qu'il puisse mener à bien la politique de recentrage de Rentenanstalt/Swiss Life», a indiqué au Temps Gilbert Couteau, membre du conseil d'administration de l'assureur. «L'affaire de la société Long Term Strategy est regrettable à maints égards. Mais les médias lui ont donné une ampleur disproportionnée. Parler aujourd'hui de possible faillite du groupe n'a absolument aucun sens.»

Le départ d'Andres F. Leuenberger reste «une décision insuffisante», martèle pour sa part Hans-Jacob Heitz, président de l'Association suisse des investisseurs. Il aurait fallu des changements avant la fin de l'année car le groupe a déjà trop perdu de sa crédibilité.» S'il reconnaît toutefois que ce départ représente un nouveau pas dans la bonne direction, iI estime qu'il reste trop d'incertitudes. «Nous ne connaissons pas son successeur. Et l'évocation de Gerold Bührer pour le remplacer ne fait rien pour nous rassurer.»

Pas intéressé

Le président démissionnaire du Parti radical avait notamment été cité jeudi soir par la conseillère nationale argovienne Christine Egerszegi, comme possible nouveau président du conseil d'administration de Rentenanstalt. Contacté vendredi par l'ATS, ce dernier a néanmoins indiqué «ne pas être intéressé».

A la Bourse, l'action de Rentenanstalt/Swiss Life a clôturé la séance sur un recul alors qu'elle avait progressé pendant presque toute la semaine. «L'incertitude continue de peser sur la société, explique un analyste zurichois. La direction doit faire ses preuves et la rumeur de la possible arrivée de Gerold Bührer à la tête du groupe a aussi pesé sur le titre.» L'analyste rappelle par ailleurs que la baisse du titre s'explique pour une raison technique. «Deux titres Swiss Life sont actuellement cotés, à la suite de l'opération d'échange d'actions. Or, il existe un écart entre le prix du nouveau titre (Swiss Life Holding, 158 francs à la clôture vendredi, 92% du capital) et l'ancien (Rentenanstalt/Swiss Life, 161 francs, 8% du capital).» La convergence des deux titres explique donc une partie de la baisse.