Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Portables ou dédiés à une utilisation en intérieur, les vaporisateurs de cannabis répondent aux besoins des geeks amateurs d’herbe
© Xavier Filliez / Le Temps

Test

Avec les vaporisateurs de cannabis, souffler n’est pas fumer

Sale, moche et nocif, le pétard est-il has been? C’est le pari fait par les fabricants de vaporisateurs, qui nous promettent des volutes cannabiques aussi saines que goûtues. Notre verdict

Si vous avez déjà fumé de l’herbe, il y a de fortes chances qu’elle ait été préalablement mélangée à du tabac. Inutile de vous la jouer à la Snoop Dogg, les fumeurs de joints purs sont rares de ce côté de l’Atlantique. Et quand bien même: dans un cas comme dans l’autre, les effets de la fumée produite lors de la combustion sont dévastateurs. Cancers, accidents vasculaires, impuissance, haleine de cendrier… C’est écrit sur tous les paquets de cigarettes.

Heureusement, la technologie est là pour reléguer la fumette aux oubliettes. Avec le retour de la weed – médicale comme récréative – dans certains pays, des entreprises ayant misé sur un assouplissement de la législation vendent des vaporisateurs de cannabis. 

Lire aussi:  La Suisse, eldorado du cannabis légal

Ils produisent non pas de la fumée mais de la vapeur de cannabis. La différence? La vaporisation fait passer les substances gustatives et psychoactives du cannabis de l’état solide à l’état gazeux (un procédé en réalité appelé sublimation) sans brûler la matière végétale. Nous en avons testé plusieurs modèles, prêtés par les boutiques spécialisées SwissVaporizer et Kaya Shop. Ces tests ont été menés avec du cannabis légal disponible en Suisse.

Rechargeables par USB

Les vaporisateurs ressemblent à des cigarettes électroniques, quoique un peu plus volumineux. Ils tiennent dans la poche et sont alimentés par une batterie rechargeable, le plus souvent par USB. L’herbe, qu’il faut finement hacher, est versée dans une petite cavité et exposée à un flux d’air chaud qui vaporise les molécules du cannabis. Sa température varie de 150 à 200 degrés (réglable à l’aide de boutons ou via une appli mobile sur certains modèles équipés de Bluetooth), jamais au-delà car la cellulose, principale composante des végétaux, rentre en combustion vers 230 degrés. La plupart des modèles possèdent un écran LCD et des boutons permettant de choisir la température.

Lire aussi:  Le cannabis légal, c’est «le plaisir, sans la défonce»

Ne reste plus qu’à goûter. Comment décrire la sensation? C’est l’odeur du cannabis frais qu’on retrouve dans la bouche. Agrumes, fraise, houblon, mangue… les arômes dictés par les terpènes, molécules aromatiques présentes dans tous les végétaux, n’ont rien à voir avec le goût carbonisé d’un pétard. Ces substances sont principalement vaporisées entre 150 et 180 degrés.

De 180 à 200 degrés sont vaporisés les cannabinoïdes, substances actives de la plante. Les arômes sont alors plus discrets, et la vapeur plus dense, ce qui plaît généralement aux fumeurs. Les vaporisateurs tels que le Mighty de Storz & Bickel (348 francs) ou le Air de Arizer (245 francs), produisent d’épaisses volutes vaporeuses. Quelques secondes après l’inhalation, l’effet relaxant du cannabidiol (CBD), principal cannabinoïde présent dans le cannabis légal, se fait sentir.

A l’emploi, ces deux appareils haut de gamme se sont montrés performants. Leur batterie autorise une dizaine d’utilisations et se recharge en moins de deux heures. Mention spéciale pour le Air, dont la pile est remplaçable. Autre appareil populaire, le Pax 3 (229 francs), nous a plutôt déçus. Il chauffe trop et brûle les lèvres au bout de quelques minutes. Dommage, car c’était sans conteste l’appareil le plus discret de notre panel. A noter qu’une entreprise biennoise, Element Medical, propose à la vente le Vapman (80 francs, non testé), seul vaporisateur suisse. Curieux instrument en bois et métal, il impose de chauffer le bol d’herbe avec un briquet, ce qui peut parfois la brûler et décourager les débutants. Il a néanmoins l’avantage de se passer de batterie.

De la vapeur en ballons

Les utilisateurs les plus exigeants se tourneront vers les vaporisateurs d’intérieur. Nous avons testé le célèbre Volcano de Storz & Bickel (à partir de 429 francs). Initialement conçu pour un usage médical, l’appareil tronconique expulse la vapeur dans un sac en plastique équipé d’une valve. On vapote ainsi de rigolos petits ballons. Surprenante, la méthode peut laisser sceptique au premier abord, mais la qualité de la vapeur de ce best-seller vendu depuis bientôt vingt ans est exceptionnelle.

Après quelques semaines passées avec ces appareils, la combustion n’est plus qu’un souvenir. Entre l’achat de cigarettes, de feuilles, l’odeur de brûlé, les vêtements qui sentent le tabac ou encore le cendrier à vider, on a vite fait de préférer le vaporisateur, qui offre un goût incomparable et dont la vapeur se dissipe en quelques minutes en intérieur sans laisser de trace. Quel modèle choisir? «A partir de 150 francs, on est bien souvent sur un modèle performant, construit avec des matériaux sûrs», dit Cédric Girardin, co-fondateur de SwissVaporizer. Reste à voir, selon l’utilisation et les matériaux désirés, quel vaporisateur est le plus adapté.

Lire aussi: Vaporiser du cannabis pour se soigner

Demeure enfin la question de l’effet de la vapeur sur la santé. La science n’y a pas répondu de manière tranchée, mais «cette méthode est une des meilleures alternatives actuelles», avait dit au Temps Vincent Varlet, chercheur au Centre universitaire romand de médecine légale, et auteur d’une étude sur le sujet parue en 2016 dans la revue Scientific Reports. A l’heure où le cannabis revient pas à pas et où les questions de santé préoccupent les consommateurs, les vaporisateurs s’inscrivent dans une optique de réduction des risques et constituent une intéressante option pour les geeks amateurs d’exhalaisons végétales…

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)